La récente flambée des prix à la pompe, conséquence directe de la guerre au Moyen-Orient, pousse le gouvernement à réagir. De nombreux syndicats et représentants de secteurs particulièrement touchés demandent urgemment une augmentation des aides disponibles.
En réponse à cette crise, le gouvernement a dévoilé un plan d'urgence d'environ 70 millions d'euros, destiné essentiellement aux secteurs vulnérables comme la pêche, l'agriculture et le transport, mais sans mise en place de mesures générales à long terme.
La semaine dernière, le prix du litre de gazole a atteint un niveau record, le plus élevé observé depuis 1985, accentuant les préoccupations des professionnels du secteur.
Pour soutenir le secteur des transports, 50 millions d'euros seront alloués principalement aux très petites et petites entreprises justifiant de graves difficultés financières dues à cette hausse des tarifs.
Des manifestations se sont récemment tenues, notamment sur le périphérique de Nantes où des chauffeurs routiers ont exprimé leurs frustrations et exigé des aides significatives. "Nous voulons des soutiens directs similaires à ceux de 2022," a déclaré Stéphane Cauchy, secrétaire général de l'Organisation des transporteurs routiers européens.
Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, a évoqué lors d'une interview sur RTL que certains secteurs, en effet, nécessitent un soutien accru. Elle a mentionné notamment les aides à domicile et les professionnels sociaux qui se déplacent souvent pour travailler, soulignant que ce sont principalement des femmes.
Pour les aides à domicile, certaines personnes peuvent bénéficier d'indemnités kilométriques de 0,35 euro par kilomètre. Cependant, Marylise a précisé que ces compensations ne couvrent actuellement même pas les frais d'essence ou d'entretien.
Sophie Binet, représentante de la CGT, a déploré les "mesurettes" mises en place par le gouvernement, comparant la situation à la crise pétrolière de 1973 et appelant à des mesures plus substantielles pour les travailleurs, notamment les infirmières mobiles et les aides à domicile. Elle a souligné qu'un blocage des prix à la pompe est essentiel, en estimant que l'augmentation actuelle est injustifiée et résultante de la spéculation pétrolière.
La flambée des prix a également des conséquences dramatiques pour les infirmières libérales, dont certaines parcourent jusqu'à 200 km par jour. La Fédération nationale des infirmières (FNI) a appelé à des exonérations fiscales, dénonçant l'absence de ces professionnels dans les aides gouvernementales annoncées récemment, ce que Daniel Guillerm, leur président, a qualifié d'"oubli inadmissible".
En face de cette situation, la France insoumise a proposé un "plan d'urgence", plaidant pour un blocage des prix à la pompe, à un tarif de 1,70 euro, égal à celui avant le début de la guerre. Actuellement, l'exécutif n'envisage pas de réduire les taxes, qui constituent entre 50 et 55% du coût des carburants.







