L'autorité italienne de la concurrence (AGCM) a récemment ouvert une enquête contre le géant du luxe LVMH, ainsi que ses marques Sephora et Benefit, accusés de promouvoir l'utilisation précoce de cosmétiques pour adultes chez les enfants et les adolescents. Cette démarche vise à examiner les pratiques jugées trompeuses concernant les informations sur les produits cosmétiques vendus en magasin et en ligne.
L'AGCM a précisé que cette enquête se concentre sur le manque d'avertissements adaptés concernant des produits non destinés aux mineurs ou non testés sur cette tranche d'âge. Les gammes Sephora Collection et Benefit Cosmetics sont particulièrement visées.
En outre, les marques sont soupçonnées d'utiliser des micro-influenceuses très jeunes pour inciter leur public vulnérable à des achats compulsifs de cosmétiques, ainsi que de promouvoir des produits comme des masques pour le visage et des crèmes anti-âge, même auprès des enfants de moins de 10 ans.
Cette stratégie marketing s'est intensifiée ces dernières années, plusieurs marques se tournant vers le marché lucratif des pré-adolescents avec des produits colorés et ludiques, tels que des masques hydratants ou des lotions inspirées par des licornes ou des animaux mignons.
Laurence Coiffard, professeure en pharmacie à l’Université de Nantes, a affirmé dans une interview accordée à l'AFP que les enfants n'ont en réalité pas besoin de cosmétiques, à l'exception de certains produits d'hygiène, tels que le dentifrice ou le gel douche. Elle souligne que certains cosmétiques pour adultes, souvent chargés de produits chimiques, peuvent avoir des effets délétères sur la santé des jeunes, notamment des perturbations hormonales et une augmentation des risques d'allergies cutanées.
Les travaux de recherche menés par des experts comme Molly Hales, de l'université Northwestern à Chicago, révèlent également que ces pratiques normatives en matière de beauté continuent de se propager. Dans une étude récente, Hales a simulé l'identité d'une jeune fille de 13 ans sur TikTok et a découvert que les vidéos présentaient couramment des crèmes anti-âge, avec un coût moyen de 145 euros par produit.
Jeudi, des perquisitions ont eu lieu dans plusieurs magasins Sephora et au siège de LVMH en Italie, une action qui pourrait conduire à de lourdes amendes pour les entreprises concernées.







