En dépit de l'absence de récession, la croissance française fait face à des vents contraires. Après les projections de l'Insee, la Banque de France a mis à jour ses attentes, tenant compte des effets prolongés des tensions au Moyen-Orient sur l'économie locale, notamment sur les coûts énergétiques.
Pour justifier cette projection, la Banque a élaboré trois scénarios stratégiques, tenant compte de l'incertitude quant à la durée du conflit. Un conflit de courte durée minimiserait son impact sur l'économie française. En revanche, une escalation prolongerait la baisse de la dynamique économique selon la Banque de France.
Une croissance de 0,9% en cas d'arrêt rapide du conflit
Dans le cas où le conflit se résorberait rapidement, la Banque de France anticipe une hausse modérée des prix du gaz et du pétrole, culminant à 92 dollars le baril au deuxième trimestre, avant de redescendre autour des 70 dollars mi-2027. Cependant, cette inflation atteindrait 1,7% en 2026, affectant le pouvoir d'achat, qui resterait immobile là où une croissance de 0,7% était attendue.
"Les augmentations des prix de l'énergie, combinées à des taux d'intérêt plus élevés, impacteraient également la croissance en 2027, avec une estimation à 0,8%", a déclaré la Banque de France.
Une croissance abaissée jusqu'à 0,3% en cas de conflit durable
La situation deviendrait critique si le conflit s'éternise. Dans ce scénario défavorable, projeté avec un pétrole à 119 dollars, l'inflation pourrait atteindre 2,5%, tandis que la croissance ne dépasserait pas 0,6%. Ce phénomène serait accentué par une hausse rapide des prix du gaz.
Selon la Banque de France, le scénario le plus pessimiste pourrait voir les prix du pétrole grimper à 145 dollars par baril, avec des interruptions majeures de l'approvisionnement via le détroit d'Ormuz, entraînant des perspectives de croissance réduite à 0,3% et une inflation atteignant presque 3,3%.
"Les hausses de prix continueraient à peser sur l'économie, entraînant des effets à long terme sur la croissance".
Un choc qui n'a rien à voir avec celui de 2022
Contrairement aux conséquences de la crise énergétique de 2022, la Banque de France souligne que la situation actuelle est différente. À l'époque, le gaz russe représentait 45% des importations énergétiques de l'UE. Aujourd'hui, ces chiffres sont bien inférieurs, environ 12 et 11% pour le pétrole et le GNL en provenance du Moyen-Orient.
Également, alors que l'Europe était encore affaiblie par la pandémie de COVID-19 au début de 2022, la France est aujourd'hui redevenue exportatrice nette d'électricité, selon une analyse d'UBS. Cela minimise le risque que des hausses de tarification dans d'autres pays se répercutent sur le marché français.







