Les parcs éoliens en mer sont devenus un point de friction entre la transition énergétique et la sécurité nationale. Au Royaume-Uni, la situation a pris un tournant décisif avec des annonces alarmantes concernant la mise à jour des capacités de détection militaire.
Selon The Telegraph, l’Armée britannique est sur le point de débourser 95 millions de livres (environ 111 millions d'euros) pour moderniser son réseau de radars de défense aérienne. Ce plan a été confirmé par le Ministère de la Défense et le Département de la sécurité énergétique, qui prévoient d'implémenter ces nouvelles technologies d'ici 2029. Cela devrait permettre l'installation de parcs éoliens offshore avec une capacité allant jusqu'à 10 GW sur le littoral.
Les éoliennes posent effectivement des défis réels pour les radars. Les pales en mouvement génèrent un effet Doppler, simulation qui peut induire les systèmes en erreur en leur faisant percevoir des cibles fictives comme des avions. De plus, les structures métalliques des éoliennes réfléchissent les ondes électromagnétiques, créant ainsi un « bruit » qui entrave la détection d'objets derrière elles. En dernier lieu, le déploiement de ces installations peut générer des zones d’ombre pour les radars, compliquant encore plus la surveillance des menaces, comme souligné par des études d’experts en défense.
Depuis plusieurs années, cette problématique génère des tensions. Les responsables militaires britanniques ont tenté d'annuler divers projets, inquiets que la prolifération de turbines compromette la capacité de la Royal Air Force à identifier des menaces potentielles. Néanmoins, le gouvernement a validé plusieurs projets de parcs éoliens, défiant ainsi les avis des militaires.
En France, l'armée a le dernier mot
La France se retrouve dans une situation comparable, mais avec une approche différente. Selon The Telegraph, le ministère français de la Défense s'oppose régulièrement aux projets de parcs éoliens terrestres qui pourraient interférer avec le réseau sismique d'Eskdalemuir en Écosse, crucial pour la détection d'essais nucléaires clandestins. Les militaires ont instigué des restrictions créant une « zone d’exclusion de facto » autour de ce site.
Face à ces enjeux, l'armée française a opté pour l'acquisition de nouveaux systèmes radar adaptés, qui exploitent des algorithmes de traitement avancés pour distinguer les éoliennes des véritables menaces. Le ministre de l’Énergie, Michael Shanks, a mis en avant que ces nouvelles technologies représentent une avancée majeure pour permettre le développement des parcs éoliens offshore, tout en garantissant la sécurité nationale des citoyens.
Enfin, il est utile de noter que d'autres pays, tels que la Suède, prennent des recommandations similaires. Fin 2024, la Suède a annulé 13 projets de parcs éoliens dans la mer Baltique, également motivée par des préoccupations de sécurité.







