En France, les pauses cigarettes des 12 millions de fumeurs représenteraient un coût annuel de cinq milliards d'euros pour les entreprises, d'après une étude réalisée par Jobleads et rapportée par Le Monde. Cependant, cette évaluation suscite des interrogations, car elle repose sur des moyennes contestables, incluant le salaire, le nombre moyen de fumeurs et la durée des pauses.
Jan Hendrik von Ahlen, cofondateur de Jobleads, souligne que les pauses cigarette peuvent perturber le flux de travail et diminuer la concentration des employés, un point également mentionné par plusieurs médias spécialisés.
Cependant, l'analyse semble ignorer une dimension fondamentale : tous les salariés ont droit à des pauses. Selon la législation, chaque employé est en effet autorisé à au moins vingt minutes de repos pour six heures de travail. Ainsi, si un salarié fume durant ce temps, son absence ne coûte pas plus qu'une pause café ou un moment d'absence justifié.
Question de temps : ça fait trois semaines par an
Jobleads indique également qu'un fumeur passerait en moyenne 1h46 par semaine consacré à fumer, soit l'équivalent de trois semaines par an. Cette estimation est largement remise en question par de nombreux experts, qui craignent qu'elle ne soit exagérée.
Enfin, ces cinq milliards n'intègrent pas les coûts liés à la santé publique. Le tabagisme reste la première cause de mortalité évitable en France, avec environ 70 000 décès par an. Néanmoins, les politiques de lutte contre le tabac semblent porter leurs fruits, puisque le taux de fumeurs adultes a chuté de 25 % en 2021 à 17 % en 2024, d'après une étude de Santé publique France.







