Cette déclaration a de quoi troubler plus d'un Américain. Lors d’une session au Sénat, Kash Patel, le directeur du FBI, a révélé pour la première fois, et sous serment, que l'agence achète effectivement des données de localisation, comme l'a rapporté The Guardian.
Patel a précisé : "Nous acquérons des informations disponibles sur le marché, conformes aux lois, pour obtenir des renseignements utiles", a-t-il affirmé en réponse aux questions du sénateur démocrate Ron Wyden.
Suite aux déclarations de l’ancien directeur Christopher Wray, qui affirmait que l'agence n'achetait plus de telles données, le sénateur Wyden a souhaité clarifier la situation actuelle.
Des données accessibles sans mandat
Le FBI peut acquérir ces informations sans mandat grâce à des courtiers en données, qui se spécialisent dans la collecte et la vente d’informations personnelles. Cela soulève des préoccupations, car depuis 2018, ces données de localisation sont protégées par le quatrième amendement de la Constitution, interdisant les perquisitions sans mandat. Les forces de l'ordre devraient donc obtenir un mandat pour accéder à ces informations via les opérateurs téléphoniques.
"Cette méthode d'accès sans mandat représente un contournement inacceptable du quatrième amendement. Cela devient d'autant plus préoccupant lorsque l'intelligence artificielle est utilisée pour analyser de vastes quantités de données personnelles", a réagi Ron Wyden vis-à-vis de l'aveu de Kash Patel.
Wyden a ainsi plaidé pour l'adoption du Government Surveillance Reform Act, une législation présentée le 12 mars, visant à interdire au gouvernement d’acheter des informations personnelles sans mandat. Cette loi viserait également à exiger un mandat pour accéder aux communications privées des citoyens.
Ce projet de loi, porté par Wyden, le sénateur républicain Mike Lee, ainsi que les représentants Warren Davidson et Zoe Lofgren, cherche à mettre fin à cette surveillance contestée.
Certains, comme le sénateur républicain Tom Cotton, voient cependant une justification à ces pratiques. Selon lui, "si ces données sont accessibles à tous et peuvent aider à retrouver des criminels, il est dans l'intérêt du FBI d'utiliser ces ressources pour assurer la sécurité des citoyens".Trois points devraient être retenus de cette affaire : d'abord, les smartphones se révèlent être de redoutables instruments d'espionnage; ensuite, les États-Unis semblent de plus en plus enclins à adopter des technologies pour instaurer une surveillance de masse sur leur propre sol; enfin, la préoccupation de Wyden ne concerne pas la surveillance internationale, mais celle des citoyens américains eux-mêmes, une question historique particulièrement délicate.







