Roland Lescure, le ministre de l'Économie, a réaffirmé son engagement à ne pas précipiter la libération des réserves stratégiques de pétrole. Ce mercredi, lors d'une conférence, il a déclaré que l'Europe et le G7 devaient "garder des munitions" en préservant leurs réserves. Avec le conflit actuel au Moyen-Orient risquant de s'enliser, il souligne l'importance de maintenir ces ressources pour éviter une crise énergétique majeure.
"Ce dont nous devons nous assurer, c'est que nous nous préparons pour ces scénarios. Nous les suivons, nous les pistons, et faisons en sorte de réagir en conformité, pas trop vite, pas trop fort non plus, car, vous le savez, nous devons garder des munitions face à d'autres chocs potentiels", a-t-il clamé au micro de CNBC Europe.
108 jours de réserves stratégiques
Lescure a également noté que la vision d'une guerre "intense mais éphémère" pourrait ne plus être valide. Les perturbations dans le détroit d'Ormuz sont donc estimées pour durer, impactant l'économie mondiale. Il mentionne que les réserves stratégiques, qui peuvent couvrir jusqu'à 108 jours de besoins, sont essentielles pour la France et l'Europe, ce qui justifie leur protection.
"Nous savons que la seule manière de libérer le marché du pétrole est de voir le détroit d'Ormuz laisser passer du pétrole. On ne peut pas remplacer les flux par des stocks. C'est une mesure ponctuelle", indique-t-il. Il souligne que le marché pétrolier européen ne souffre pas d'un manque de ressources, même si l'augmentation des prix du baril, avoisinant les 100 dollars, est préoccupante.
Cette inflation s'est directement ressentie à la pompe, avec des prix atteignant désormais plus de deux euros par litre. Pour alléger cette situation, le Japon a, quant à lui, commencé à libérer une partie de ses réserves stratégiques. Cette décision montre que les pays sont contraints d'agir face à l'instabilité actuelle.







