Racheté par l’État, le fabricant de câbles sous-marins ASN projette une transformation majeure avec un investissement de 100 millions d'euros sur trois ans. Ce montant, partagé entre les usines de Calais et de Greenwich, vise à répondre à la demande croissante en câbles de fibre optique, stimulée par l'essor d'Internet, des data centers et de l'intelligence artificielle.
L’usine de Calais, qui se distingue comme pionnière dans la fabrication de câbles sous-marins en fibre optique, emploie actuellement 650 personnes en CDI et 150 intérimaires. Alain Biston, PDG d’ASN, souligne que cette initiative est essentielle pour faire face à l’augmentation de 33% du trafic Internet chaque année, un chiffre qui ne tient pas compte de l'impact de l'intelligence artificielle.
Alors que l’État détient 80% des parts d’ASN depuis janvier 2025, l’entreprise est considérée comme stratégique pour la France. En mappant les besoins futurs, Biston mentionne que cette tendance demande anticipativement des investissements dans la technologie et la main-d'œuvre.
Le trafic internet augmente de 33% par an
La nécessité d’adapter et de moderniser les installations est cruciale. Mickaël Brasseur, représentant syndical majoritaire à l’usine, explique que des bâtiments vieillissants seront remplacés et de nouvelles machines installées. "Cet investissement doit aussi entraîner des embauches. La technologie, c’est bien, mais il faut également penser aux humains qui la manipulent," ajoute-t-il.
L'avenir de l'usine calaisienne est assuré
En période de réduction des capacités dans d’autres pays, ASN focalise ses efforts sur le développement de son site à Calais. "Nous avons arrêté les lignes de production aux États-Unis et en Australie. Aujourd’hui, notre objectif est de faire croître notre activité ici," précise Alain Biston.
Parallèlement, une école de formation a été mise en place pour répondre à la rareté des compétences dans ce secteur. ASN envisage de produire des câbles avec 48 paires de fibres optiques dans des gaines aussi fines que 2 cm, une avancée technologique notable. Les syndicats attendent des informations sur les impacts en termes d'embauche et de formation à venir.







