Un nouvel accord de libre-échange récemment approuvé par la majorité des États membres de l'Union européenne (UE) avec le Mercosur, regroupant l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay, suscite des réactions vives au sein du secteur agricole. Malgré le désaccord affiché par la France, ainsi que d'autres pays comme la Pologne et l'Autriche, l'accord a reçu un feu vert lors d'une réunion au sommet.
Cette décision intervient après plus de vingt-cinq ans de négociations. Le soutien des pays comme l'Allemagne et l'Espagne, qui voient dans cet accord une opportunité de marché face aux sanctions américaines et à la dépendance croissante de la Chine, contraste fortement avec l'inquiétude des agriculteurs européens. Namur Agriculteurs France (FNSEA) s'élève contre les potentielles inondations du marché avec des produits alimentaires peu coûteux, en particulier le bœuf, la volaille et le sucre, qui pourraient mettre en péril l'agriculture locale.
Des mesures de sauvegarde jugées insuffisantes
La Commission européenne a proposé des mesures censées apaiser les réticences, telles que des dispositifs de sauvegarde pour suspendre les importations de produits sensibles et le renforcement des contrôles. Malheureusement, ces concessions n'ont pas suffi à convaincre les agriculteurs français. « Les agriculteurs français n’accepteront jamais d’être confrontés à des règles inéquitables », a déclaré Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, lors d'une récente interview.
Une mobilisation continue
Emmanuel Macron, le président français, a affirmé que « la signature de l’accord n’est pas la fin de l’histoire », garantissant son engagement envers la protection des agriculteurs. En réponse, des mesures d'accompagnement ont été rapidement mises en place, avec un doublement du fonds d’indemnisation pour les éleveurs touchés par certaines maladies, et d'autres soutiens financiers alloués à divers secteurs agricoles.
Des actions continuent d’être menées à Paris et dans d'autres régions d'Europe. Malgré le retrait des tracteurs de la Coordination rurale des rues parisiennes, des protestations orchestrées par d'autres syndicats, comme la Confédération paysanne, ont eu lieu sur le périphérique. Le 20 janvier, une mobilisation est prévue devant le Parlement européen à Strasbourg pour faire entendre les voix des agriculteurs.
Vers une réforme de l'agriculture ?
Alors que ce débat s'intensifie, plusieurs experts s'interrogent sur les conséquences à long terme de l'accord Mercosur sur l'agriculture européenne. Des analyses évoquent la nécessité d’une réforme structurelle profonde dans le secteur pour répondre aux défis globaux.
Il reste à voir comment cette lutte pour la survie rurale se déroulera face aux mutations du marché international, mais une chose est claire : les agriculteurs sont déterminés à défendre leur avenir et à ne pas plier face à ce qu'ils perçoivent comme une menace existentielle.







