Face aux canicules, comment adapter les écoles ? À Grabels, une école maternelle parvient à maintenir une température inférieure à 30 degrés dans ses classes grâce à des solutions simples, notamment des toiles en fibres de coco et des brasseurs d'air, sans recourir à la climatisation. "Ça fait 17 ans que je suis ici. Je termine enfin mes journées sans être en sueur", remarque Stéphanie Taïx, responsable des Atsem dans cet établissement.
"Les enfants sont plus concentrés, moins fatigués et tout le monde est moins énervé", ajoute-t-elle.
Mardi dernier, alors que les thermomètres externes indiquaient 34 degrés, il faisait seulement 26 degrés en classe. En juin 2025, avant les travaux, une salle atteint 30 degrés alors que la température extérieure était de 33 degrés. En France, 3 500 établissements scolaires ont dû fermer en raison de la chaleur extrême, et 10 000 autres ont ajusté leurs horaires.
Dans la cour, de grandes toiles en fibre de coco sont suspendues, créant un ombre protectrice, et des brasseurs d'air installés au plafond des classes évitent l'accumulation de chaleur. Tous les volets sont abaissés et un déstratificateur permet d’évacuer l’air chaud vers l’extérieur tout en faisant circuler l’air frais, fonctionnant principalement le soir et la nuit.
Adaptation nécessaire : la moitié des écoles n'a pas de volets
L'école maternelle Jean Ponsy, accueillant 170 élèves, fait partie d'un programme pilote national nommé "Racine" (Recherche sur l'Adaptation aux Canicules à l'Intérieur de Nos Écoles). D'après des données préliminaires, plus de 30 degrés ont été observés en classe, soulignant un problème alarmant dans plus de 80% des écoles de France non adaptées aux vagues de chaleur.
Des mesures doivent être prises pour éviter l'exposition directe du soleil, assurer une bonne ventilation intérieure et favoriser la surventilation nocturne, comme l'explique Guillaume Perrin, directeur du programme Actee.
"En France, 80 % des écoles ne sont pas préparées aux épisodes caniculaires, surtout celles sans volets", souligne-t-il.
Les enfants, plus vulnérables à la chaleur en raison de leur taille, souffrent plus de cette situation. Pour ces raisons, le programme de Grabels se veut exemplaire et inspire d'autres initiatives à travers le pays.
Surventilation nocturne : un effort essentiel
Bien que l'école Jean Ponsy, construite en 2003, soit relativement récente, elle souffre d'un manque d'isolation. La ventilation nocturne, nécessaire pour rafraîchir les classes, requiert une présence humaine, ce qui rend son installation complexe et coûteuse. Cependant, des solutions de gardiennage, comme celle mise en place à Grabels, permettent de maintenir cette ventilation essentielle durant les nuits chaudes.
La mairie a investi 23 000 euros dans ces premières améliorations et a lancé des demandes de subventions pour étendre ces équipements. Dans un souci de durabilité, elle aspire à transformer sa cour en un écosystème verdoyant. Les enfants n'hésitent pas à exprimer leurs rêves d'une piscine ou d'une rivière pour se rafraîchir.
Dans un contexte similaire, EDF a récemment annoncé un fonds de 80 millions d'euros pour améliorer la climatisation des écoles et crèches, dont une moitié dédiée à des solutions rapides comme des ventilateurs.
En Espagne, des initiatives concrètes pour le confort scolaire
À Barcelone, un plan de climatisation visant 170 écoles vient d'être lancé, financé en partie par la taxe de séjour, ce qui met en lumière l'importance d'un engagement politique fort face à la crise climatique.







