Les Bourses du monde entier ont terminé la semaine sur une note pessimiste, avec des baisses notables des valeurs technologiques. La décision d'Apple d'augmenter les prix de ses ordinateurs Mac a jeté un froid sur le marché, suscitant des inquiétudes parmi les investisseurs.
En Europe, les actions des entreprises de semi-conducteurs, souvent liées à l'essor de l'intelligence artificielle, ont fortement chuté. À Francfort, l'indice a reculé de 1,29%, entraîné par des sociétés comme Infineon (-4,52%) et Siemens Technology (-5,84%). Paris a également connu une baisse de 0,55%, avec des pertes notables pour STMicroelectronics (-3,81%). À Amsterdam, ASML, principale capitalisation boursière d'Europe, a affiché une baisse de 0,99%.
Le marché londonien a également fléchi, avec une baisse de 0,21%, principalement due à la chute des prix du pétrole. BP et Shell ont respectivement perdu 2,38% et 0,94%. Milan a clôturé en territoire négatif, bien que le gain de Ferrari (+3,14%) n'ait pas pu compenser la chute des actions de Saipem (-5,18%) et Amplifon (-4,84%).
De l'autre côté de l'Atlantique, le marché boursier new-yorkais a connu une légère reprise avec le Nasdaq, dominé par les valeurs technologiques, regagnant 0,24% après une chute initiale de 1,01% en ouverture. Apple, ayant annoncé une hausse des prix de ses Mac en raison de l'augmentation des coûts des puces mémoire, a vu son action se redresser de 0,48% après un plongeon de 6% la veille.
Microsoft n'est pas en reste et a aussi prévu d'augmenter les prix de ses consoles Xbox, annonçant une hausse de 100 à 150 dollars à partir du 1er août, justifiée par les mêmes motifs que ceux d'Apple. Selon Andreas Peskow de CMC Markets, "pour la première fois, Apple répercute sur ses clients l'augmentation des coûts des semi-conducteurs". Il souligne que si les consommateurs commencent à questionner ces hausses de prix, la chaîne d'approvisionnement entière pourrait en souffrir.
Les préoccupations des investisseurs vont au-delà de la simple question des prix. Ils s’interrogent également sur les valorisations rapidement croissantes du secteur tech et sur la capacité de ces entreprises à financer leurs dépenses croissantes via l'endettement. "Le marché passe d'une dynamique centrée sur l'IA à une réflexion sur la valorisation, et ce dernier aspect est difficile à cerner", déclare Florian Ielpo, analyste chez Lombard Odier.
Une information supplémentaire publiée par le New York Times indique qu'OpenAI, le créateur de ChatGPT, envisage de reporter son introduction en Bourse jusqu'en 2027. Suite à cette annonce, les actions de Softbank, un investisseur majeur dans l'entreprise, ont chuté de 12,53% à Tokyo.
Les inquiétudes autour de l'avenir du secteur technologique ont éclipsé les nouvelles positives concernant la baisse des prix du pétrole, déjà anticipée par les marchés. Ce vendredi, le baril de Brent a chuté de 4,34% à 71,99 dollars, tandis que le West Texas Intermediate perdait 3,84% à 69,16 dollars. Le dollar, servant de monnaie d'échange pour le pétrole, est également passé à 1,14 pour un euro.
Malgré la baisse des prix du pétrole, les taux des emprunts des États sont restés relativement élevés. Le rendement du Bund allemand est légèrement tombé sous les 2,85%, alors que celui de la France est resté stable à 3,63%. Florian Ielpo explique : "Deux forces opposées sont en jeu : d'une part, une désinflation énergétique, et d'autre part, des investissements massifs par des États et des entreprises tech, ce qui pousse les taux à la hausse."







