L'agence de notation Moody’s a maintenu la note souveraine de la France, reconnaissant des résultats meilleurs que prévus dans un climat économique incertain. À travers une évaluations de la dette française, elle souligne sa qualité, mais alerte sur les risques d'une politique fragmentée qui pourrait nuire à l'économie.
Avec une notation de Aa3, la France se maintient au-dessus de ses concurrents Fitch et Standard & Poor’s, qui lui accordent respectivement un A +, reflétant une dette classée comme de "qualité moyenne supérieure". Selon Moody’s, l'accord budgétaire atteint entre la gauche modérée et le centre-droit au sein d'un Parlement divisé témoigne de la solidité des institutions françaises.
La prévision d'un déficit budgétaire de 5 % pour 2026 est également un élément positif, mieux que la précédente estimation de 5,2 %. En outre, le déficit public réalisé en 2025 a été de 5,1 %, bien en dessous des prévisions de 5,4 % précédemment établies.
Incertitudes liées au climat politique et à la guerre au Moyen-Orient
Cependant, Moody’s avertit que le budget de 2026 ne fournit pas de clarté sur les mesures pour réduire le déficit à plus long terme. Un des principaux risques réside dans la capacité des partis à s'accorder sur de nouvelles mesures de consolidation budgétaire au-delà de 2027. Selon l'agence, cette fragmentation politique pourrait entraver le fonctionnement des institutions et ajouter des incertitudes à l'économie française.
De plus, les coûts d'emprunt en hausse en raison du conflit au Moyen-Orient représentent un défi pour les prévisions de remboursement de la dette publique. Moody’s anticipe une croissance de 1 % en 2026, légèrement supérieure aux 0,9 % de 2025, avec une inflation estimée à 1,4 % pour cette même année.
Un avenir économique incertain à l’approche des élections présidentielles
Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a pris note de la décision de Moody’s, qui était largement anticipée par les économistes. Dans un contexte où un comité d’alerte des finances publiques se réunira le 21 avril, le gouvernement pourrait ajuster ses prévisions macroéconomiques.
Les préoccupations concernant l’instabilité politique, qui préoccupe déjà les agences de notation, pourraient refaire surface à l'approche de la présidentielle de 2027, comme l'indique Paul Chollet, chef économiste de Crédit mutuel Arkéa. Selon lui, Moody’s pourrait être plus encline à dégrader la note de la France à l’automne, en fonction de l'évolution des débats économiques. Xavier Ragot, président de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), partage cet avis et estime qu’il serait prudent d’attendre de voir l'impact des élections avant de réévaluer la note.







