Le verbe spolier entraîne nombre d'erreurs et se voit, récemment, confronté à l'anglicisme spoiler. Pour éclaircir cette confusion, notre experte, Muriel Gilbert, intervient.
Le terme spolier, qui signifie « dépouiller quelqu’un de quelque chose par ruse ou par force » (selon le Petit Larousse), est souvent mal utilisé. Ce mot partage même ses racines avec le verbe latin spoliare. De nos jours, on entend souvent parler de biens spoliés, comme des tableaux ou sculptures. Toutefois, associer le mot spolié aux objets eux-mêmes est une utilisation incorrecte.
En effet, la spoliation, qui évoque principalement le vol des biens, devrait se rapporter à la victime plutôt qu’à l'objet dérobé. Malgré les directives d'un site du ministère de la Culture affirmant que le terme peut qualifier les biens eux-mêmes, les dictionnaires comme le Petit Larousse ou le Dictionnaire de l'Académie française ne soutiennent pas cette notion.
Ne pas confondre spolier et spoiler !
Une autre confusion entoure spolier : son rapport à l'anglicisme spoiler. Lors d'un événement s'étant tenu récemment, un intervenant a mis l'accent sur la nécessité de ne pas spolier l'intrigue d'un livre, un amalgame à éviter. En anglais, to spoil signifie gâcher. Par exemple, le fait de spoil un enfant le rend « gâté », et spoiler fait référence au fait de révéler prématurément l'intrigue d'un film ou d'un livre, gâchant ainsi l'expérience pour autrui.
Intéressant à noter, to spoil dérive du vieux français, à savoir espoilier, provenant à son tour du latin spoliare, qui a formé notre présent verbe spolier.







