Le chef enseigne dans les prisons, aide à la réinsertion dans son école de cuisine et s’apprête à sortir « Le Bouquin des Restos du Cœur ».
Désireux à l'origine de devenir pâtissier sur les mers, Thierry Marx a finalement brillé sur la terre ferme avec ses deux étoiles Michelin. En plus de ses innovations au Foodlab et de son restaurant, il se consacre à aider à la réinsertion via son école de cuisine de rue tout en préparant un ouvrage pour les bénéficiaires des Restos du Cœur.
Un parcours atypique
Au collège Les Boullereaux, un mot retentit : "Orientation". Thierry Marx, connu pour ses frasques dans le quartier de Ménilmontant, rêve d'une École hôtelière, mais se voit rapidement orienté vers un CAP mécanique. Cela marque le début d'une spirale négative. Dans le Belleville des années 70, entre larcins et aspirations, il décide de se battre pour redonner sens et honneur à la jeunesse de son quartier.
Sa transformation s'amorce grâce à un choc, mais aussi par l'influence de son grand-père, ancien réfugié et militant. En rejoignant les Compagnons du Devoir dans la pâtisserie, Thierry découvre des valeurs essentielles telles que la critique constructive.
Inventions culinaires et engagement social
Aujourd'hui, Thierry Marx se dédie à son Foodlab où il redéfinit la cuisine en proposant des découvertes « techno-émotionnelles ». Son approche innovante inclut des recettes low-calorie comme une tarte tatin liquide. À partir du 27 octobre, il lancera des démonstrations au Foodlab, avec l'ambition d'étendre ce modèle à Boston.
Son projet actuel, Le Bouquin des Restos, se veut un outil essentiel pour ceux qui bénéficient des colis alimentaires, montrant comment préparer des repas nutritifs avec un budget limité. Ses recettes, créées en collaboration avec d'autres chefs, visent spécifiquement à encourager la créativité en cuisine pour redonner dignité et plaisir aux bénéficiaires.
École de cuisine de rue et réinsertion
À Blanquefort, Thierry a ouvert une école de cuisine de rue, non pas pour des raisons commerciales, mais pour combattre la malbouffe et assurer une alimentation saine. Avec 24 000 emplois dans la restauration rapide et une croissance de 7 %, il affirme que cette voie est une chance pour la réinsertion. Son école forme chaque année plusieurs bénéficiaires du RSA à devenir leur propre patron, tandis qu'il continue son engagement en prison auprès des détenus, leur enseignant les bases de la cuisine.
Thierry Marx, bien conscient des défis, sait que pour réussir la réinsertion des ex-détenus, un travail en amont est essentiel. Il dispense des cours dans une maison centrale, aidant certains à obtenir leur diplôme. Chaque succès le motive à poursuivre son action, redonnant espoir à ceux qui l'ont perdu. Ses projets ne s'arrêteront pas là, avec des initiatives à venir et un nouveau restaurant prévu au Japon en 2011.







