Le miel est un aliment millénaire, reconnu pour ses multiples vertus, à condition de bien le choisir et de le consommer correctement. Riche en nutriments, ce trésor naturel protège le système respiratoire, gastro-intestinal, cardiovasculaire et nerveux. Cependant, tous les miels ne se valent pas. Entre falsifications et erreurs de consommation, il est crucial d'apprendre comment sélectionner et utiliser ce liquide doré de manière judicieuse.
Fabián Torres, directeur du développement commercial chez SICPA et spécialiste du miel en Espagne, alerte sur la vente de produits contrefaits contenant une proportion minime de miel véritable, souvent complétés par des additifs comme le sucre. "Ces faux miels ressemblent davantage à des sirops qu'à véritable miel. Au pire, ils contiennent du sucre, ce qui en fait de réelles bombes caloriques très nuisibles pour les enfants et les personnes âgées", déclare-t-il à El Español.
Près de 46 % du miel importé en Europe est altéré
Ce phénomène ne se limite pas à l'Espagne. Selon un rapport de l'Office européen de lutte antifraude (OLAF), environ 46 % du miel importé en Europe est altéré, surtout grâce à l'ajout de sirops de sucre artificiels pour en augmenter le volume. L'Europe, en tant que deuxième producteur et importateur mondial après les États-Unis, éprouve des difficultés majeures en matière de traçabilité du miel.
Une large partie des miels importés est intégrée dans des mélanges commercialisés sous des marques de distributeurs, ce qui complique la vérification de leur origine et de leur qualité. "Bien que l'Europe ait des réglementations exigeantes, le miel présent en supermarché provient généralement de sources contrôlées", précise Torres. Toutefois, la situation devient plus préoccupante avec les pâtisseries et autres produits transformés contenant du miel, où la traçabilité est souvent plus difficile à établir.
La chaleur : l'ennemie du miel
Même en utilisant un miel brut de qualité, ses bienfaits peuvent être compromis par une mauvaise consommation, notamment lors du mélange avec une boisson chaude. Giorgio Poeta, apiculteur réputé en Italie, souligne que "la chaleur est le pire ennemi du miel".
Dès que la température du miel atteint 50 °C, il voit une grande partie de ses propriétés nutritionnelles disparaitre. Or, la température d'une tasse de thé fraîchement infusée est généralement entre 60 et 65 °C, suffisant pour détruire les enzymes et vitamines précieuses. Poeta recommande donc d'attendre quelques minutes avant d’incorporer le miel à une boisson chaude pour préserver ses qualités.
Le miel pasteurisé : un choix à éviter
Une autre erreur fréquente est la consommation de miel pasteurisé, qui est soumis à un traitement thermique d'environ 78 °C pour octroyer une plus longue conservation. Ce processus détruit les nutriments et enzymes présents dans le miel brut, ne laissant que la douceur. "Le miel pasteurisé n'est pas nuisible à la santé, mais il perd tous ses bienfaits", précise Giorgio Poeta. Ce constat souligne l'importance de privilégier un miel brut de qualité, issu de circuits courts et respectueux des pratiques apicoles traditionnelles.
Pour garantir l’achat d’un miel de qualité et bénéficier pleinement de ses vertus, quelques conseils sont essentiels : optez pour des miels locaux et bio, évitez les mentions vagues telles que "mélange de miels originaires et non originaires de l’UE", privilégiez les circuits courts et choisissez un miel brut non transformé.







