L'Iranienne Mahdieh Esfandiari a comparu devant le tribunal correctionnel de Paris pour apologie du terrorisme, un procès qui revêt des implications diplomatiques importantes entre la France et l'Iran. Présentée comme possible monnaie d'échange pour les Français Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus en Iran, Esfandiari cherche à dissipater les "mensonges" entourant son affaire.
"Je suis ici aujourd'hui pour m'exprimer sur des faits qui ont été largement mal rapportés par les médias," a déclaré Esfandiari, vêtue d'une robe sur un jean. Son avocat, Me Nabil Boudi, a exprimé son espoir d'une acquittement complet pour sa cliente. Le procès, qui devrait durer quatre jours, intervient alors que les tensions entre Téhéran et Paris s'intensifient.
Arrêtée à Paris en février 2025, Mahdieh Esfandiari a été libérée sous contrôle judiciaire après huit mois de détention. Les autorités iraniennes voient en elle un élément clé dans les négociations pour l'échange de Kohler et Paris, condamnés à 20 et 17 ans de prison en Iran. Selon le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, cet échange a été une fois formellement préparé. Cependant, la France maintient silence sur l'impact de la situation actuelle sur ces négociations.
Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a évoqué la délicatesse de la situation des deux Français détenus. "Nous ne pouvons pas tourner le dos à la réalité complexe qui entoure leurs cas," a-t-il déclaré à l'Assemblée nationale. Néanmoins, la sœur de Cécile Kohler a fait savoir que ces derniers allaient relativement bien, bien que leur impatience de rentrer en France se fasse sentir.
La nature des accusations qui pèsent sur Esfandiari est sérieuse, incluant l'apologie d'un acte de terrorisme commis en ligne et la provocation à la violence. Les preuves présentées au tribunal concernent des publications sur des plateformes telles que Telegram et YouTube, dans lesquelles elle serait, selon les procureurs, centrale dans l'organisation "Axe de la Résistance". Ces accusations sont jugées graves par des experts en matière de sécurité, qui soulignent les dangers d'une propagation de discours radicaux en ligne.
Les événements qui ont conduit à l'arrestation d'Esfandiari s'inscrivent dans un contexte plus large de manifestations en Iran, qui ont fait plus de 600 morts depuis décembre selon des sources locales. Les conséquences de ces actes de violence et de répression ne cessent de regarder vers la diplomatie franco-iranienne, rendez-vous dans les jours à venir pour suivre l’évolution de ce dossier sensible.







