La lutte s'intensifie à Abbaretz, une commune de 2 000 habitants de Loire-Atlantique, contre la création d'une école traditionnaliste. Ce samedi 10 janvier, un collectif d'habitants organise sa troisième manifestation en deux mois, espérant ainsi faire entendre leur voix face aux autorités compétentes. Le départ est prévu à 11 heures depuis la place de la mairie.
Ces mobilisations, déjà marquées par une forte participation de 1 000 personnes lors de la première manifestation du 15 novembre, visent à défendre les valeurs d'une éducation laïque. Comme l'affirme Réjane Durand, membre du collectif : "C'est une façon de démontrer notre refus face à un projet qui ne correspond ni à nos valeurs, ni à celles de la République.” La mobilisation précédemment organisée sous la forme d'une chaîne humaine a rassemblé 800 participants sur plus d'un kilomètre, soulignant l'engagement croissant des habitants contre ce projet.
La manifestation de ce week-end est appelée “manifestation citoyenne avec galette républicaine”. Les membres de ce collectif s'opposent à l'implantation d'une école considérée comme sectaire, portée par des sédévacantistes qui remettent en question les valeurs modernes de l'Église catholique depuis le concile Vatican II. Cette école envisagée serait hors contrat, ce qui inquiète les habitants, qui disposent déjà d'écoles publique et privée.
"Nous ne voulons pas d'être confrontés à une éducation qui pourrait promouvoir des idées rétrogrades concernant les femmes, condamner l'avortement et l'homosexualité,” déplore Durand. Le collectif a également écrit à la préfecture et au rectorat, espérant obtenir des réponses sur le sort de ce projet qui pourrait perturber l'ordre public.
Le soutien des autorités locales et régionaux
Pourtant, il est à noter que le permis de construire a été validé par la mairie d'Abbaretz. Dans un communiqué de fin octobre, la municipalité a indiqué : "En tant que commune, nous n’avons pas de levier pour intervenir dans un projet privé." Cependant, en dernière instance, c'est le rectorat et la préfecture qui doivent donner leur autorisation pour l'ouverture d'une école hors contrat.
En contact avec le rectorat de Nantes, ce dernier a précisé qu'aucune demande officielle n'a été formulée par les porteurs du projet scolaire. “Les écoles hors contrat sont soumises à une réglementation stricte concernant leur déclaration d’ouverture”, a souligné le rectorat. Une fois le dossier considéré comme complet, la demande est transmise aux autorités compétentes pour évaluation.
Les experts en éducation craignent que cette école ne respecte pas le socle commun de connaissances, une obligation légale pour toutes institutions éducatives. "Nous attendons une réponse rapide de la préfecture, autrement nous solliciterons un rendez-vous pour exprimer notre inquiétude", conclut Réjane Durand. Les habitants d'Abbaretz ne comptent pas laisser passer ce projet sans se battre, soutenus par de nombreuses voix au sein de la communauté.







