Dans les Hautes-Alpes et à travers toute la France, un homme se fait passer pour un sentimental accompli, séduisant des femmes avant de les dépouiller. Il arnaque des dizaines de victimes, les laissant avec leurs cœurs brisés et des économies envolées. L’enquête menée par la cellule investigation de Radio France a mis en lumière ce phénomène choquant!
Parmi ses victimes se trouve Eve Champavier, agricultrice de 43 ans, qui, après avoir perdu son compagnon, se retrouve face à Frédérick Q., se faisant appeler 'Romain Bennat'. Il a daprès ses dires 'gagné sa confiance par son respect et son charisme'. Après avoir vécu quelques semaines chez elle, et prétextant un problème bancaire, il disparaît avec des biens d'une valeur de 8 000 euros. « Il est super fort dans sa manipulation », déclare Eve, pleine de désillusion.
En Nouvelle-Aquitaine, Mathilde, une autre victime, partage son expérience : elle élève seule son fils et a été séduite par cet homme au charme indéniable, qui s'est ensuite volatilisé avec son argent. Les témoignages soulignent la vulnérabilité de ces femmes, souvent isolées et en quête de soutien. Caroline Banc, agricultrice dans le Gard, est déterminée à le piéger, tandis qu'Annabelle, enseignante, tente également de faire la lumière sur ses actes. Toutes deux se sont regroupées via un groupe Facebook, cherchant à relayer le message et à retrouver la justice.
Des experts en psychologie comme Emma Oliveira soulignent que ce type d’arnaque provoque une souffrance bien plus profonde qu'une simple perte d'argent. Cette manipulation génère un sentiment de culpabilité et de honte chez les victimes, qui se disent souvent : « Pourquoi ne l’ai-je pas vu venir ? »
Rayon d’indignation autour de la gestion judiciaire de ce cas : récemment interpellé par la gendarmerie de Tarbes, Frédérick Q a tout avoué, mais a été relâché après une garde à vue. Son absence lors des convocations judiciaires soulève des questions quant à l’efficacité des mesures prises pour protéger les victimes. Le général Emmanuel Casso, chef de la gendarmerie du Gard, a reconnu que les victimes ressentent un grand délaissement, mais a rappelé les priorités des forces de l’ordre face à des affaires sédentaires.
Les femmes touchées par cette affaire s’organisent de plus en plus pour faire entendre leur voix, souhaitant former une plainte collective, comme le suggère un ancien gendarme. « Plus leur cause sera visible, plus il y aura de chances que des mesures concrètes soient prises », conclut-il. Cette histoire tragique n'est pas seulement une question d'argent, mais une lutte pour la dignité et la justice.







