Les incendies ravageurs dans les Pyrénées-Orientales, ayant déjà consumé 4.900 hectares près de Perpignan et entraînant l'évacuation de 12.000 personnes, persistent à mobiliser l'énergie et les ressources des pompiers. Grâce à des contrefeux tactiques, l'avancée du sinistre a été contenue durant la nuit, mais les efforts restent intenses.
Depuis le début des hostilités samedi dernier à Trévillach, environ 850 pompiers sont mobilisés. Le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, a annoncé avoir mis en place une stratégie de "feux tactiques" pour "circonscrire et limiter" la propagation.
- Six suspects interpellés -
Alors que plusieurs feux ravagent le sud du pays, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a révélé que six personnes soupçonnées d'implication dans ces départs de feu ont été arrêtées. "La réponse de l'État sera implacable envers ceux qui mettent en danger nos territoires," a-t-il déclaré sur X.
Un panache de fumée persiste à sortir du massif en face d'Ille-sur-Têt, bien que ce bourg ait été évacué et que d'autres communes environnantes aient également subi des dégâts.
Lucas Pla, 27 ans, habitant d’Ille-sur-Têt, a déjà passé deux nuits au centre d'accueil de Thuir. "On est bien accueillis, il y a beaucoup de solidarité des bénévoles et des locaux qui apportent à manger et d'autres aides", a-t-il partagé, un cocker marron à ses côtés.
En attendant, le préfet appelle à la patience pour ceux qui doivent faire face aux conséquences de cette crise. Ce sinistre a déjà causé 11 blessures légères, y compris celles de sept pompiers, et a endommagé une vingtaine de maisons à Rodès.
Le risque d'incendie demeure élevé, en raison des températures extrêmes et de l'absence de précipitations. Charlotte Couture, de Météo-France, rappelle qu'il n'a pas plu de manière significative depuis plus de deux mois.
En parallèle, une vigilance orange canicule est en place pour les Pyrénées-Orientales, en plus de 60 départements français, les températures atteignant parfois 40°C.
- Pollution -
Mardi, les pompiers devront concentrer leurs efforts sur les 40 km de lisière "très active" de l'incendie. Bien que la situation semble plus stable, les autorités mettent en garde contre la fausse impression de sécurité que pourrait donner l'absence de flammes visibles. Le colonel Stéphane Clerc a souligné que l'enjeu reste de traiter les lisières, nécessitant des ressources d'eau limitées.
Atmo Occitanie a également rapporté une augmentation des niveaux de pollution aux particules fines, recommandant aux personnes vulnérables d'éviter les activités physiques intenses.
Dans la Drôme, un autre incendie s'aggrave dans une zone montagneuse difficile d'accès, ayant déjà ravagé 1.400 hectares. Bien que les conditions soient légèrement meilleures, les pompiers craignent de ne pas pouvoir agir efficacement en raison des priorités déjà données aux incendies en Pyrénées-Orientales.
En Lozère, un feu a été déclenché par des travaux agricoles, causant 200 ha de dommages, tandis qu'un autre à Saint-Bonnet-Laval ne progresse plus mais reste maîtrisé. Dans l'Hérault, un incendie actif a brûlé 275 hectares mais ne progresse plus, selon les pompiers.







