La récente décision d'intégrer l'orthographe dans l'évaluation des copies de bac suscite de vives interrogations. Pour de nombreux experts, cette mesure pourrait nuire à la réelle appréciation des connaissances des élèves. En effet, se limiter à sanctionner des erreurs d'orthographe pourrait sembler injuste, surtout pour des élèves présentant des troubles comme la dyslexie ou la dysorthographie, qui, malgré leur intelligence, se voient pénalisés.
Dans un contexte où l'intelligence artificielle pourrait bientôt venir à leur aide pour éviter les fautes, pourquoi ne pas envisager une rubrique distincte pour évaluer l'orthographe ? Cette distinction permettrait de mieux apprécier les compétences des élèves dans toutes les disciplines. Mais de quelle orthographe parle-t-on vraiment ? Serait-ce celle qui a évolué depuis les réformes de 2016, que bon nombre d'enseignants connaissent à peine ?
Si l'on pénalise les erreurs telles que « exéma » ou « nénufar », doit-on se demander où se situe la responsabilité ? Les enseignants, souvent pris en défaut eux-mêmes dans l'utilisation de la langue, ne sont pas seuls dans cette problématique. Les fautes se retrouvent également dans les médias, sur les panneaux publics, et même dans les publicités. Cela soulève des doutes quant à la pertinence de la directive actuelle, qui, bien que motivée par de bonnes intentions, pourrait aboutir à des conséquences non désirées.
Les opinions divergent. Selon Marie Dupont, professeur de lettres à Lyon, « il est essentiel de garder une certaine rigueur linguistique, mais il ne faut pas que cela soit au détriment des capacités intellectuelles des élèves ». D'autres, comme Jean-Michel Bernard, directeur d'établissement, plaident pour une approche plus compréhensive : « Nous devons adapter nos évaluations aux réalités d'aujourd'hui et non à des époques révolues ». Ainsi, la question demeure : comment juger équitablement les connaissances dans un système éducatif en pleine mutation ?







