Dans un contexte marqué par des turbulences économiques majeures, Thierry Leblanc met un terme à ses deux mandats à la tête de la Fédération française du Bâtiment (FFB) en Gironde ce mercredi 1er juillet, avec une passation prévue en septembre. En septembre 2020, il avait pris les rênes en pleine crise sanitaire, un premier signe des défis à venir. Au cours de ses années de présidence, il a dû faire face à l’augmentation des coûts de l’énergie et des matériaux, conséquence d'une instabilité mondiale croissante, ainsi qu'à la montée des taux d'intérêt qui ont mis à mal des projets. "Je n’ai connu que des crises" affirme-t-il, résumant ainsi une période tumultueuse. Sous sa direction, la FFB de Gironde a vu son nombre d'adhérents grimper de 40 %, représentant aujourd'hui environ 14 000 travailleurs dans un secteur qui représente 8 % du PIB régional.
Durant ces six ans, la FFB a enrichi son offre de services. "Nous avons apporté des formations et créé des outils pour aider nos adhérents à mieux gérer leur entreprise", précise Thierry Leblanc. En effet, l’association a développé des audits destinés à identifier les risques auxquels ses membres s'exposent. Les entreprises, qu'elles soient petites ou grandes, reçoivent un accompagnement adéquat pour naviguer dans un environnement concurrentiel en constante évolution.

Pourtant, malgré ces avancées, la réalité du marché reste préoccupante. "La construction nouvelle a chuté de 60 %", déplore-t-il, tandis que la rénovation, qui représente maintenant 40 % de l'activité, est soumise aux aléas de politiques gouvernementales volatiles. Un exemple pertinent est MaPrimeRénov, un système d'aide dont 50 % des demandes restent non traitées en Nouvelle-Aquitaine, pénalisant ainsi la Gironde particulièrement.
En lien avec les élus, la FFB a su établir des relations plus directes. "La maison était connue, elle est maintenant reconnue", déclare-t-il à propos des efforts pour dialoguer avec les décideurs locaux, un changement appréciable dans le climat de collaboration. Malgré tout, des défis persistent, tels que la lenteur des permis de construire, qui s'étalent désormais de cinq à six ans.
"Il y a quelques années, il fallait deux à trois ans pour qu'un projet de logement soit réalisé; aujourd'hui, cela prend cinq à dix ans", souligne-t-il, mettant en lumière un problème structurel.
Afin de fédérer les acteurs du secteur, l'Union pour le logement en Gironde a été créée, rassemblant diverses organisations professionnelles. "Ce n’est pas du syndicalisme, mais une volonté d’avancer ensemble pour des solutions concrètes", explique Leblanc, insistant sur la nécessité de trouver des approches innovantes face aux problématiques urbaines actuelles, telles que l'érosion du littoral.
Pour terminer, Thierry Leblanc exprime sa gratitude envers les membres de la FFB, son équipe et son successeur Maxime Bonpays, qu’il considère comme une force accélératrice de changement. "C’est une équipe qui fait avancer les choses, et je suis fier du chemin parcouru au cours de ces six années" conclut-il.







