Après trois décennies de lutte, le site-mémorial du camp des Milles fait honneur à la mémoire des victimes des atrocités de la Seconde Guerre mondiale. Mené par des anciens résistants et déportés, ce projet a bénéficié du soutien d'éminents personnages tels que Simone Veil et Robert Badinter.
Le camp des Milles, facilement identifiable grâce à ses bâtiments en briquettes rouges, possède une histoire tragique. Au cours des années 1939 à 1942, ce site a été tour à tour un refuge pour des Allemands fuyant le régime nazi, un camp pour les ''indésirables'' et, lors de ses derniers mois, un lieu de déportation pour 2 000 Juifs, dont des enfants, envoyés vers Auschwitz.
La production de briques a repris après la guerre, marquant par là un retour à une normalité trompeuse. Cependant, la préservation du site est devenue une priorité en 1982 lorsque des projets de déconstruction ont menacé la fameuse salle des peintures, œuvre des artistes internés. La mobilisation des anciens résistants, du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), et du maire d'Aix de l'époque a permis de protéger ce patrimoine par une inscription urgente à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques.
“30 ans, c'est une génération”
Le combat pour transformer ce lieu emblématique en site de mémoire a été long. Personnalités telles que Denise Toros-Marter, Louis Monguilan, et Sidney Chouraqui, avocat et ancien résistant, ont joué un rôle clé dans cette initiative. Leurs efforts, soutenus par de nombreuses personnalités dont Simone Veil, Elie Wiesel, et Jorge Semprun, ont permis d’aboutir à la consécration de ce lieu de mémoire, un hommage indélébile aux victimes de la Shoah.







