Ce mardi 28 avril 2026, la fromagerie d'Entrammes a annoncé sa liquidation judiciaire par le tribunal de Laval, après avoir été placée en redressement depuis début février en raison de sérieux problèmes financiers. Cette coopérative, qui employait 20 personnes et collaborait avec 24 producteurs de lait, se voit désormais contrainte de cesser ses activités.
Les éleveurs, qui continuent de traire leurs vaches, sont dans l'impossibilité de commercialiser leur lait. La situation est accablante ; beaucoup doivent le jeter, ce qui est perçu comme un véritable gâchis dans le cadre des enjeux de souveraineté alimentaire. David Hay, président de la coopérative Lait bio du Maine et agriculteur à Pommerieux, partage son inquiétude : "On prône la souveraineté alimentaire dans notre pays et voilà, en arriver là, c'est vraiment un gâchis. Nous espérons une aide de la filière laitière très prochainement."
La raclette d'Entrammes n'a pas sauvé l'entreprise
Une tentative de reprise de la fromagerie a été faite, mais l'offre n'était pas recevable. Fondée en 2010, l'entreprise avait déjà rencontré de graves difficultés en 2024, ayant dû rappeler tous ses produits après une contamination à la listeria. Malgré des efforts pour se relancer en proposant du fromage à raclette sous la marque "C'est qui le patron?!", le produit n'a pas reçu l'accueil espéré, même s'il avait trouvé sa place dans les cantines de l'Élysée.
Le tribunal a officiellement désigné un liquidateur qui rencontrera prochainement les représentants du personnel. Les 20 salariés se préparent donc à recevoir leur lettre de licenciement, un coup dur pour cette petite entreprise et pour tous ceux qui en dépendaient.
Des experts évoquent une problématique plus large, pointant du doigt les défis auxquels fait face l’industrie laitière en France, notamment la nécessité d'améliorer la gestion des entreprises et d’assurer un soutien adéquat aux producteurs.







