À La Bazouge-de-Chemeré, un village dynamique de Mayenne, deux femmes, Marie Mandelli et Laurys Daligault, unissent leurs forces pour gérer la commune. Ensemble, elles incarnent une forme rare de gouvernance partagée qui semble porter ses fruits.
Une simple feuille de papier sur la porte de leur bureau affiche un message clair : "Marie Mandelli Laurys Daligault Maires." Les administrées, au nombre de 508 selon l'INSEE, n'ont pas tardé à s'habituer à ce nouveau modèle. "Dans une petite commune, le maire doit parfois gérer une multitude de tâches. Être deux simplifie les choses", souligne Laurys Daligault. "La charge mentale est mieux répartie", renchérit Marie Mandelli. Cette collaboration s’est mise en place à la suite des dernières élections municipales, remplaçant un modèle traditionnel.
Les deux élues siègent au conseil municipal depuis 2014. Marie Mandelli a pris les rênes en 2022 après la démission de son prédécesseur, tandis que Laurys Daligault a occupé le poste de deuxième adjointe. Elles s’accordent à dire que la connaissance mutuelle et le partage des valeurs sont essentiels pour garantir le succès de cette co-direction. "Les habitants ont rapidement compris ce dispositif", affirme Laurys, recevant des saluts respectueux tels que "Bonjour mesdames les maires !"
Ce binôme est une première en Mayenne, avec peu d'exemples similaires en France – environ une quinzaine. Actuellement, la loi ne prévoit pas cette situation, mais cela n'empêche pas le duo de chercher des solutions à des contraintes administratives, comme celle rencontrée lors d'une réunion des maires où seule une représentante par commune était admise.
Ce modèle de gouvernance partagée a été établi lors de l'élection de Marie Mandelli et repose sur une décision collective. "Nous cherchons à déconstruire la hiérarchie traditionnelle", explique Laurys. Chacun des onze élus, adjoint ou non, a une délégation définie et participe à un projet en collaboration avec des techniciens et des citoyens. "Nous avons une grande autonomie", déclare Noëlla Masserot, adjointe chargée de la vie sociale, tout en précisant que toutes les décisions passent par un processus de validation.
Élus et suppléants ont suivi une formation
Marie Mandelli souligne la fluidité du processus : "Les sujets sont mutualisés, ce qui nous rend plus efficaces." Un cadre de fonctionnement basé sur des valeurs telles que "écoute", "honnêteté", et "bienveillance" a été mis en place. Laurys Daligault considère ce fonctionnement comme un exercice démocratique essentiel, fondé sur l’engagement et la transparence.
Traditionnellement, c'est le maire qui représente la commune au sein de la Communauté de communes Pays de Meslay-Grez ; cependant, le dernier élu de la liste a été choisi pour le représenter cette fois. Tous les élus perçoivent une compensation financière : 1 000 euros par mois pour les maires, 250 euros pour les adjoints, et 50 euros pour chaque conseiller. Depuis, cinq autres communes de Mayenne ont exprimé de l'intérêt pour ce modèle. Marie Mandelli en est convaincue : "Nous avons ouvert une voie pour d'autres".







