Ce week-end pascal, des motards de Loire-Atlantique, regroupés au sein de la Fédération française des motards en colère (FFMC), se mobilisent pour mettre en lumière l'état déplorable de certaines routes. Déguisés en véritables chasseurs d'œufs, ils décorent les nids de poule avec des œufs en plastique et de la paille, attirant ainsi l'attention sur les dangers cachés des chaussées.
Cette initiative, qui pourrait prêter à sourire, a pour but de dénoncer le manque de moyens alloués à l'entretien des routes. Les récents épisodes de pluie et d'inondation ont aggravé la situation, rendant les routes encore plus dangereuses pour tous les utilisateurs.
Des motards engagés pour leur sécurité
Pedro, motard de 71 ans, partage son expérience en emmenant son fidèle compagnon à deux roues, qu'il appelle humoristiquement "Aline". "Ma moto et moi, nous avons un lien étroit. Malheureusement, un nid de poule a déjà endommagé sa jante", se désole-t-il. Pour signaler les dangers, il et d'autres membres de la FFMC utilisent de la peinture pour marquer les bosses et les trous. "Cela pourrait entraîner de coûteuses réparations pour les conducteurs si ces problèmes ne sont pas traités rapidement", avertit-il.
Appel à l'action des élus
Denis Chaimbaud, coordinateur local de la FFMC, souligne l'urgence d'une prise de conscience. "Nous alertons depuis plus de vingt ans sur la dégradation des routes. Les intempéries actuelles aggravent ce qui aurait pu être réparé avant qu'un simplement fissure se transforme en véritable nuisance", affirme-t-il. Il appelle les élus à surveiller de près les infrastructures routières.
Malgré une récente allocation de 5 millions d'euros par le Département pour rétablir l'état des routes, certains membres de la FFMC estiment que cela reste insuffisant. Pascale, une motarde engagée, décrit cette décision comme "une première étape", mais pas assez pour remédier à la situation. Dans le même temps, elle rappelle qu'une étude de l'observatoire de la sécurité révèle que 30% des accidents mortels sont dus aux infrastructures routières. "Pendant qu'on nous impose des contrôles techniques, on oublie de traiter ce qui cause réellement des accidents", déplore-t-elle.







