Pour la plupart des Français, Pâques évoque inévitablement le chocolat. Cependant, après une chute dramatique des ventes en 2025 due à l'augmentation des prix, les acteurs du secteur ont redoublé d’ingéniosité cette saison pour maintenir l’attrait tout en proposant des prix plus abordables. Domi, une grand-mère soigneusement organisée, avoue avoir réduit son budget chocolat cette année. "Notre budget n'est pas extensible", confie-t-elle, ajoutant que "certains chocolatiers exagèrent quelque peu sur les prix".
À l'heure actuelle, le coût des fèves de cacao atteint des sommets. Depuis trois ans, le prix du chocolat a crû de 70 %, entraînant une baisse de 10 % de la consommation en France au cours de Pâques 2025. Pour contrer cette dynamique, les professionnels commencent à offrir une gamme de mélanges moins coûteux, tout en utilisant moins de chocolat. "Pâques n'est plus seulement synonyme de friture et de moulages, mais aussi de perles de céréales enrobées de chocolat ou de pralinés", explique Philippe Kratz, directeur général adjoint de Comptoir de Mathilde. "C'est moins cher à produire, cela profite à tout le monde, y compris les consommateurs qui sont encouragés à modifier leurs habitudes pendant les fêtes".
Des formats plus petits, et moins chers
Aujourd'hui, les traditionnelles poules, lapins et cloches se présentent sous des formats réduits. Pour cette saison, l'enseigne Carrefour propose des mini-formats à moins de 5 euros chacun, tandis que le Comptoir de Mathilde adapte ses produits selon les régions. "Je ne vends pas la même chose à Laval qu'à Lyon centre-ville", souligne Kratz. "Dans les zones rurales, où le coût de l'essence pèse, le panier moyen est souvent moins élevé". Dans certains cas, les chocolats en petites tailles seront proposés à 8,50 euros, alors que d'autres produits peuvent atteindre 14 euros, selon la typologie de la clientèle.
Une lueur d'espoir se dessine à l'horizon : les récoltes de cacao en Afrique de l’Ouest montrent de bons résultats, ce qui pourrait abaisser les tarifs mondiaux du chocolat. "L'Organisation Internationale du Cacao prévoit un excédent mondial, cela pourrait être la première fois en quatre ans", se réjouit Antoine Andréani, directeur de recherche chez XTB France. "Cela signifie qu'une baisse des prix dans nos supermarchés pourrait être envisageable à partir du deuxième semestre, potentiellement à Noël ou d'ici Pâques 2027".







