Des sommes de 5.000 à 50.000 € pourront être prêtées au taux de 3,80 %, sans garanties, pour soulager les TPE et PME face à la montée des prix des carburants liée aux tensions au Moyen-Orient, selon le ministère de l’Économie.
Le ministère de l’Économie a révélé le vendredi 3 avril 2026, le lancement imminent d'un « prêt flash carburant » en collaboration avec Bpifrance, destiné à soutenir la trésorerie des petites entreprises les plus touchées par l'augmentation des prix des carburants, résultant du conflit au Moyen-Orient. Les prêts, allant de 5.000 à 50.000 €, seront offerts à un taux avantageux de 3,80 %, sans demander de garanties, et s'adressent spécifiquement aux TPE et PME opérant dans des secteurs comme le transport, l'agriculture ou la pêche, où le coût du carburant représente « au minimum 5 % du chiffre d’affaires », d’après Bercy.
Ces prêts seront « distribués via un canal 100 % numérique par Bpifrance », garantissant un accès simplifié pour les bénéficiaires, avec « une mise à disposition des fonds sous sept jours », précise le communiqué officiel.
Des critères à respecter
Toutefois, les entreprises doivent se conformer à certaines conditions pour éviter les abus : elles doivent être établies depuis plus d'un an et consentir à donner à Bpifrance l'accès à leurs relevés bancaires récents.
La durée de remboursement des prêts s'étendra sur 36 mois, « incluant un différé d’amortissement du capital de 12 mois », a ajouté le ministère. Cette initiative sera disponible non seulement en métropole, mais aussi dans les départements et régions d’Outre-mer.
Ce plan d'aide pour compenser la montée des prix du carburant causée par le conflit au Moyen-Orient avait été promis par le Premier ministre Sébastien Lecornu quelques jours plus tôt. Le ministre des PME, Serge Papin, avait également souligné que « la BPI (banque publique d’investissement) allait proposer des prêts bonifiés, garantis par l’État, pour soutenir la trésorerie » des entreprises.
Contrôles sur les « abus »
Dans l’émission C à vous sur France 5, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a déclaré avoir sollicité la Commission européenne pour enquêter sur les marges des raffineries en Europe et s'assurer de l'absence d'« abus ». Il a rapporté que des contrôles avaient été menés sur plus de 630 stations-service, aboutissant à 5 % de sanctions pour infractions constatées, a indiqué la Répression des fraudes.
Le ministre a également réagi aux déclarations du patron du Groupement Mousquetaires/Intermarché, Thierry Cotillard, qui avait exhorté le gouvernement à convoquer les raffineurs, en particulier TotalEnergies, en raison de l’importante fluctuation des prix du pétrole.
Polémique autour de TotalEnergies
Les préoccupations de Cotillard se fondent sur une enquête du Financial Times, qui prétend que TotalEnergies a réalisé un profit substantiel en acquérant la quasi-totalité des cargaisons de pétrole exportables depuis le Moyen-Orient en mars. Selon le quotidien économique, ces transactions auraient permis à la multinationale de générer plus d'un milliard de dollars. TotalEnergies n’a, pour sa part, ni confirmé ni démenti ce montant lorsque contacté par l’AFP.
Roland Lescure a affirmé avoir « échangé » avec les raffineurs, y compris avec le PDG de Total, mais a insisté que toute discussion concernant les raffineries devrait être conduite au niveau européen, tout en avertissant de ne pas désigner des responsables spécifiques.
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