Les tensions ont atteint un nouveau comble après l'annonce, le 9 février, de mesures destinées à accroître le contrôle israélien sur la Cisjordanie, des décisions que le New York Times qualifie de potentiellement violatrices des accords d'Oslo, signés en 1993. Ces nouvelles règles visent à faciliter l'expansion des colonies israéliennes, notamment dans des zones sous administration de l'Autorité palestinienne.
Le cabinet de sécurité israélien a adopté une série de règles permettant d'améliorer l'accès à des permis de construire pour les colons, provoquant un tollé dans de nombreuses chancelleries à travers le monde. La Maison-Blanche a exprimé son inquiétude, mais selon The Times of Israel, son communiqué s'est montré plutôt vague, ne faisant pas mention des récentes décisions israéliennes.
Une réprobation claire mais timide
En réponse, la position officielle des États-Unis n’a pas été assez ferme pour satisfaire les critiques. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a déclaré par l'intermédiaire de son porte-parole que la situation actuelle menaçait les espoirs d'une solution à deux États. Le média Radio-Canada a rapporté que Guterres était "gravement préoccupé" par cette évolution.
De son côté, l’Union européenne a également dénoncé ces mesures comme un "nouveau pas dans la mauvaise direction", rejoignant ainsi les condamnations exprimées par plusieurs pays musulmans, dont l'Arabie saoudite et l'Égypte, qui parlent d'une "nouvelle réalité juridique et administrative" instaurée en Cisjordanie.
Impacts sur la vision d'un État palestinien
Des groupements de colons ont, quant à eux, applaudi ces changements, considérant qu'ils signent une rupture nette avec le cadre des accords d'Oslo. Bezalel Smotrich, ministre des Finances d'extrême droite, s'est exprimé pour exprimer son contentement, voyant cela comme une occasion d'enterrer définitivement l'idée d'un État palestinien. Al-Jazeera a rapporté ses intentions d'annexer des portions importantes de la Cisjordanie.
Les experts, comme Jamal Juma, coordinateur d'une campagne militante, décrivent ces décisions comme les plus directes et les plus dangereuses visant les Palestiniens, compromettant gravement les prérogatives de l'Autorité palestinienne. Middle East Eye a souligné que sous le gouvernement actuel, l’expansion des colonies est à son niveau le plus élevé depuis le début des relevés par l'ONU en 2017.
Une crise économique accentuée
Dans un éditorial publié par Ha’Aretz, des critiques s'adressent aux nations alliées d'Israël, leur lançant un avertissement sur les conséquences économiques et sociales de ces dernières décisions. Le quotidien rappelle qu'Israël, d'antan, cherchait à maintenir un niveau socio-économique acceptable pour les Palestiniens, mais que l'approche a changé, entraînant un appauvrissement croissant des communautés palestiniennes.
Ce changement de stratégie pourrait rendre la vie encore plus difficile pour les Palestiniens, symbolisant une crise à la fois humaine et territoriale. Ce nouvel ensemble de régulations semble bel et bien une déclaration de détresse face à une situation de plus en plus précaire.







