Invité de l’émission Dimanche en Politique sur France 3, Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti Socialiste, a critiqué le classement de La France Insoumise (LFI) à l'extrême gauche dans une circulaire récente du ministère de l'Intérieur. Selon lui, ce classement « n’est pas juste » et il transcende les débats politiques habituels.
Faure a insisté sur le fait que le Conseil d’État a déjà statué sur cette question, affirmant que LFI est un parti de la gauche radicale, plutôt qu'un groupe d'extrême gauche. « C’est un parcours démocratique et électoral, et il n’est pas approprié de les cataloguer ainsi », a-t-il déclaré.
Cela fait suite à la première fois que LFI a été classée comme un parti d’extrême gauche dans le cadre des élections municipales, selon une circulaire récemment publiée. En réaction à cette décision, Faure a ajouté : « Je ne pense pas que cela ait un impact significatif sur le résultat des élections ». Il a aussi critiqué ceux qui essaient de « dédiaboliser l’extrême droite » en essayant de reléguer la gauche radicale à cette même extrémité du spectre politique.
D'autres membres de LFI, dont le député Éric Coquerel, ont également exprimé leur indignation, allant jusqu'à qualifier cette décision de « délit d'opposition ». Coquerel a souligné queDe tels classements devraient tenir compte de l’histoire, de l’origine et du programme d’un mouvement, plutôt que de créer des schémas simplistes. « Nous avons toujours cherché à représenter les urnes, et non à provoquer un schisme politique », a-t-il ajouté.
Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a mentionné qu'un recours pourrait être envisagé auprès du Conseil d'État. La question de ce classement est cruciale, surtout pour un mouvement dirigé par Jean-Luc Mélenchon, qui rejette régulièrement cette étiquette. Pour Mélenchon et ses partisans, ce type de qualification est un moyen de les comparer à des partis d’extrême droite, comme le Rassemblement National.
Sébastien Chenu, vice-président du RN, a affirmé que LFI correspond parfaitement aux attributs de l'extrême gauche, les qualifiant de « parti violent et anticapitaliste ». En réponse à cela, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a pris la défense de cette classification, arguant que LFI montre un refus de s'engager dans le processus parlementaire, exemplifié par leurs appels à la censure.
Olivier Faure a donc averti que toute tentative de construire un arc républicain qui exclut la gauche radicale ne ferait que renforcer la marginalisation de ces voix, au profit d'une réintégration de l'extrême droite dans le paysage politique traditionnel.







