La Ville rose, traditionnellement à gauche lors des scrutins nationaux, confie pourtant les rênes du Capitole à une droite qui peut se voir menacée par l'émergence du Rassemblement National (RN). Dans cette ambiance chaotique, Jean-Luc Moudenc, actuel maire (DVD), n'est pas à l'abri d'une surprise électorale.
Points chauds en France
2/6. À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars, la rédaction de Sud Ouest se penche sur les enjeux cruciaux dans différentes villes, dont Toulouse.Les incidents se multiplient dans la campagne. Récemment, une colistière de Moudenc a été agressée alors qu'elle tractait sur un marché, illustrant une tension palpable. Un des soutiens du maire a également suscité l'indignation en diffusant une image par l’IA, représentant les candidats de gauche se serrant la main, vue par certains comme une provocation. Cela a provoqué la colère des intéressés, dénonçant un "Trumpisme sur Garonne".
Toulouse, ville de paradoxes, vote massivement à gauche aux élections. À l'inverse, elle a placé la droite aux commandes de la mairie, excepté pour le mandat de Pierre Cohen de 2008 à 2014. Jean-Luc Moudenc, en quête d'un troisième mandat, oscille entre popularité et fragilité. Un sondage réalisé à l'initiative du Parti socialiste le montre en 1ère position avec 33 %, suivi de Franck Briançon (PS) à 30 %, et François Piquemal (LFI) à 23 % ; le RN, avec Julien Leonardelli, ne décollant qu'à 10 %. La peur d'une émergence d'une droite extrême au conseil municipal plane.
Jean-Luc Moudenc a pour objectif de s'affirmer, mais il se retrouve dans une situation précaire, avec un environnement politique volatile.
François Briançon, figure historique du PS en Haute-Garonne, a réussi à rassembler une coalition impactante de 12 partis autour de sa candidature, qu'il présente comme le "plus grand rassemblement de gauche et de l'écologie en France". Cette dynamique est une première à Toulouse et pourrait augmentant ses chances de l'emporter, malgré une droite installée.
Moudenc, critiqué pour son style discret et ses choix politiques, doit faire face à une opposition unie et motivée. Dans les coulisses, la continuité du débat sur les questions de sécurité et de logement prend place. Chaque candidat propose des stratégies pour naviguer dans ce climat d'incertitude. Piquemal, quant à lui, appelle à tourner la page du clientélisme qu'il attribue à Moudenc, se targuant d'une rupture contre l'ancien régime.
Sur le terrain, les préoccupations des habitants, notamment l'accès au logement et les problématiques de circulation, prennent une place centrale. Les candidats de gauche mettent en avant un programme de construction de logements accessibles et de lutte contre la spéculation. Paradoxalement, malgré une forte attractivité économique, Toulouse est l'une des villes les plus embouteillées de France, ce qui complique les enjeux en matière de mobilité.
Jean-Luc Moudenc rappelle que "quand la France est en panne, Toulouse avance". Malgré tout, des défis persistent.
Ce climat de tension va sans doute rendre la campagne à venir encore plus enflammée, rendant difficile de prédire l'issue de ces élections municipales de 2026. Le combat est loin d'être gagné pour le maire sortant, qui devra naviguer entre promesses d'avenir et critiques des adversaires souhaitant un changement urgent.







