Les discussions autour du budget de l'année à venir reprennent le 8 janvier au sein de l'Assemblée nationale. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, maintient l'espoir d'adopter ce projet sans avoir recours à l'article 49.3. Cependant, des pistes prometteuses commencent à émerger.
Contrairement à son prédécesseur, François Bayrou, qui avait été critiqué pour son absence lors des préparations budgétaires, Lecornu s'est montré proactif en multipliant les échanges téléphoniques pendant la trêve de Noël. Son objectif est clair : obtenir le soutien nécessaire pour passer son Projet de Loi de Finances en discussion.
Une mesure audacieuse pour les plus riches
La possibilité d'un amendement, porté par le sénateur socialiste Patrick Kanner, pourrait être la clé. Cet amendement propose la création d'un emprunt obligatoire, à taux zéro, pour environ 20 000 des contribuables les plus aisés, d'une durée de cinq ans. Cette initiative rappelle l'emprunt Mauroy de 1983, qui avait permis de récolter des fonds significatifs sans engendrer de véritable perte pour les contribuables. Interrogé sur cette option, Matignon a confirmé que certains chefs d'entreprise ne s'étaient pas opposés à cette idée, considérée comme une solution alternative à d'autres propositions fiscales plus controversées.
Une proposition controversée
Cette approche vise à rendre le Projet de Loi de Finances plus acceptable, après des amendements importants venus du Sénat. Toutefois, cette idée a suscité de vives critiques de la part des membres de la droite et des macronistes, qui mettent en avant le besoin de réduire les dépenses plutôt que d'accroître les impôts. La porte-parole du groupe Ensemble pour la République a même qualifié cette mesure de "spoliation organisée".
Quelles chances de succès ?
Tout en revenant sur cette mesure, Lecornu semble conscient du fait que le soutien de la gauche pourrait être difficile à obtenir. Néanmoins, si le Parti Socialiste, les Écologistes et le PC choisissent de s'abstenir, l'ensemble du processus budgétaire dépendra alors du vote des Républicains, une situation qui pourrait favoriser des discussions plus constructives. Laurent Wauquiez, leader du parti, a montré des signes d'ouverture récemment, ce qui pourrait augmenter les chances d'adoption de cette mesure.
Les enjeux sont donc de taille et la réponse sera attendue lors de la reprise des débats à l'Assemblée Nationale. À l'approche de cette date, les experts et analystes économiques scrutent de près les positions des différents partis, chacun pesant le meilleur avenir pour la France et la gestion de ses finances.







