La loi littoral, promulguée le 3 janvier 1986, célèbre aujourd’hui 40 ans d’existence. Initiée par Guy Lengagne, alors ministre de la mer, cette législation vise à établir un équilibre entre la préservation de nos côtes et leur valorisation. Avec plus de 1200 communes concernées, elle joue un rôle crucial face à la pression urbaine, à l’érosion et à la submersion marine.
Cette loi, qui s'étend sur près de 1000 kilomètres de côtes en Corse, est un sujet de débat constant. Sur l'île, la lutte contre la bétonisation des rivages est une préoccupation majeure. Cependant, les opinions divergent sur l’efficacité de la loi. Jean-Charles Orsucci, le maire de Bonifacio, souligne que la loi a réussi à contenir l’urbanisation : "Il faut insister sur le fait qu'il s'agit d'une grande loi. Son pilier de protection a fait ses preuves, mais le développement a été largement négligé." Il appelle ainsi à une actualisation de cette législation, soulignant le besoin d'adapter ses principes aux réalités de chaque territoire.
De l’autre côté, certains experts, comme Michelle Salotti de l’association U Levante, expriment des préoccupations quant à l’application de cette loi : "La loi littoral n’a jamais été appliquée correctement en Corse, ce qui s’est traduit par des PLU illégaux rendant inefficace sa protection." Selon elle, l'État porte une part de responsabilité dans ces manquements et doit renforcer son contrôle de légalité pour assurer le respect des prescriptions législatives.
Ainsi, les 40 ans de la loi littoral font ressortir une dualité : d’une part, des réussites en matière de protection des territoires, et d’autre part, des écueils en matière d’adaptation aux besoins locaux. Comme l’a exprimé Jean-Charles Orsucci : "Il est impératif de moderniser cette loi pour qu’elle réponde aux défis d’aujourd’hui, notamment en matière d’écologie et de gestion durable des côtes."
Les discussions autour de la révision de la loi littoral continuent d'alimenter les débats, témoignant des enjeux cruciaux que représente la gestion de nos côtes pour les générations futures. Plusieurs sources s’accordent à dire que la flexibilité de l’application de cette loi pourrait permettre une meilleure intégration des spécificités territoriales et répondre ainsi efficacement aux attentes des élus locaux et des habitants.







