Dans une interview accordée à Le Point, Bertrand Delanoë, ancien maire socialiste de Paris, s'est livré à une critique sans concession du paysage politique français. Alors qu'il recherche un positionnement éloigné des luttes de pouvoir, il dénonce les actions de la France Insoumise, les qualifiant de destructrices pour la gauche et la société.
Delanoë n'épargne pas Jean-Luc Mélenchon, qu'il décrit comme un “leader très cultivé” mais qui, selon lui, maintient les citoyens dans l'ignorance. Il proclame : “On peut être solidaire avec Gaza et Israël, la lutte contre les discriminations est une seule et même cause.” Cette défense de la coexistence semble être un cri d’alarme face à l’antisémitisme et au racisme, qu'il considère comme des enjeux indissociables.
Il souligne également des personnalités comme Emmanuel Grégoire, un socialiste qu'il admire pour son intelligence et sa capacité à rassembler, tout en tenant à distance les alliances avec LFI, même au second tour des municipales. Cette vision élargie de la gestion politique se veut un appel à l’harmonie, tandis qu'il craint que la polarisation exacerbée ne fasse qu'aggraver les tensions en France.
Dans sa riposte aux figures de la droite, Delanoë ne cache pas ses reproches envers Rachida Dati et Sophia Chikirou, qu'il accuse d'attiser la division et d’alimenter un climat de conflit. L’ancien maire de Paris est clair sur sa position : un futur maire doit rassembler ceux qui, même s'ils n’ont pas voté pour lui, se doivent d’être unis pour avancer. Selon lui, l'extrême droite représente une menace sérieuse pour l'âme de la France, et la gauche, à travers des rassemblements, doit rester vigilante.
Il impute aussi à Nicolas Sarkozy une “lourde responsabilité” dans le changement de perception des idées xénophobes, évoquant son discours de Grenoble en 2010. Cela fournit une perspective sur l'évolution du discours politique contemporain. À ses yeux, l'alliance contre nature entre la droite et l'extrême droite dénaturerait complètement les valeurs historiques du gaullisme.
La réaction de la députée LFI, Nadège Abomangoli, n'a pas tardé, réfutant les accusations de Delanoë. Sur X, elle a répliqué que la France Insoumise était le moteur d'une gauche toujours vivante en France. Elle a même jugé ses propos comme “la déclaration la plus stupide de l’année 2025”. D’autres experts de la sphère politique française rappellent que le débat doit rester vivant, et que des figures comme Delanoë, malgré leurs critiques, contribuent à éclairer les voies à emprunter pour l’unité et la justice sociale.
Cette analyse de Bertrand Delanoë illustre le besoin d'un examen critique de la politique actuelle en France, tout en invitant les acteurs, qu'ils soient de gauche ou de droite, à réfléchir profondément à leurs choix futurs. Il est essentiel que l’histoire politique soit un enseignement, et non un obstacle au progrès.







