L'essentiel
L’ex-Premier ministre Gabriel Attal est au centre d'une controverse après que La France insoumise (LFI) l’a accusé d’avoir annulé des commandes de Canadair pour l’année 2024. Attal répond en mettant en avant les retards de livraison de son fournisseur canadien, transformant ainsi la gestion des avions de lutte contre les incendies en un sujet politique épineux.
Le premier appareil, le "Pélican 35", a fait défaut depuis 2025, tandis que plusieurs autres Canadair nécessitent des maintenances lourdes. En pleine saison des incendies, la flotte de Canadair se réduit à seulement onze appareils, dont certains sont vieillissants. Emmanuel Macron avait pourtant promis, à la suite des incendies ravageurs autour du bassin d’Arcachon en 2022, de renouveler cette flotte d’ici 2027. Cependant, il semble que l’on en soit encore loin.
Sur fond de campagne présidentielle
À l'approche des élections, ce dossier prend une tournure politique. Dans cette dynamique, c’est Gabriel Attal qui se trouve sous le feu des critiques. Manuel Bompard de LFI l'a récemment accusé d’avoir signé, le 21 février 2024, un décret annulant près de 53 millions d'euros destinés à l'acquisition de deux Canadair supplémentaires. Ce décret a été établi après qu'un rapport des ministres des Finances, Bruno Le Maire et Thomas Cazenave, a fait état d'une réduction globale de dix milliards d'euros des dépenses publiques.
Lors d’une conférence de presse le 2 juillet, Bompard a déclaré : "Il est essentiel que les candidats à l’élection présidentielle aient un bilan clair et soient transparents quant à leurs actions passées."
Gabriel Attal se défend
Face à ces accusations, l’entourage de Gabriel Attal a rapidement réagi. Ils soulignent que deux nouveaux Canadair avaient effectivement été commandés le 9 août 2024, assortis de pièces de rechange. Cependant, en raison des retards d'un fournisseur unique, De Havilland Aircraft of Canada, et de problèmes opérationnels, la livraison de ces appareils ne se fera qu’entre avril et décembre 2028.
Le cabinet d'Attal estime qu’étant donné les délais de livraison pour ces nouveaux avions, il n’était pas judicieux d'ordonner des appareils complémentaires comme le reproche LFI. Les travaux de renouvellement de la flotte sont ainsi attendus avec impatience, même si la dépendance à un fournisseur unique a mis en lumière les faiblesses du système actuel.
Finalement, il a été annoncé que le 4 juillet, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a signé la commande de deux Canadair supplémentaires. Toutefois, ces nouveaux appareils ne seront pas disponibles avant 2032, soit quatre ans après ceux commandés par Attal. En attendant, les pompiers continueront de lutter avec les équipements qu'ils ont à leur disposition, face à des incendies de plus en plus fréquents et dévastateurs.







