L'essentiel
- Bruno Retailleau a validé sa candidature à la présidentielle par les militants Les Républicains en avril 2026 (73,8 %).
- Laurent Wauquiez pollue depuis plusieurs mois la campagne de son rival.
- Après des tensions, Wauquiez a loué la candidature d’Édouard Philippe tout en conseillant à Retailleau de « savoir se retirer ».
Laurent Wauquiez, véritable maestro du désaccord au sein des Républicains, a une fois de plus surpris ses camarades avec un soutien inattendu à la candidature d’Édouard Philippe pour la présidentielle de 2027. Dans une déclaration faite à Le Figaro, il a affirmé qu’"Édouard Philippe, par son expérience, pourrait incarner l’autorité nécessaire au redressement de la France" tout en critiquant Bruno Retailleau, dont les sondages stagnent.
Cette prise de position, bien que largement anticipée, agace certains membres du parti qui s'en inquiètent alors que la campagne est à ses débuts. Eric Pauget, député, a déclaré : "Je suis déçu par cette position, mais je reste loyal à ma famille politique." Cette réaction rejoint celles de nombreux membres des Républicains, qui voient Wauquiez comme un fauteur de troubles dans une période déjà délicate.
Devant l’ampleur de la situation, certains collègues de Wauquiez s’interrogent : "Sa seule boussole semble être de s’en prendre à Bruno Retailleau", a commenté Pierre-Henri Dumont, secrétaire général adjoint du parti. Malgré ses critiques passées contre Philippe, qu’il a accusé d’avoir trahi la droite sur divers sujets, Wauquiez semble aujourd’hui valoriser une alliance qui pourrait se retourner contre ses propres intérêts.
Conséquences politiques potentielles
Pour justifier son choix, Wauquiez met en avant la possible menace d’un second tour entre Jean-Luc Mélenchon et le RN en 2027, soulignant le besoin d'une union parmi les candidats de la droite et du centre. En affichant un soutien pour Philippe comme candidat le plus en vue dans les sondages, il suscite de vives inquiétudes parmi ses pairs. "C'est une forme de sabotage", a déclaré Julien Aubert, clarifiant son mécontentement. Les militants, pour leur part, ont exprimé leur désaccord avec une telle stratégie, arguant que la majorité souhaite un candidat indépendant des ententes avec Macron.
Cette volte-face est-elle vraiment une bonne nouvelle pour Philippe ? "Ce n’est pas un soutien clair, mais j’y vois une forme d'encouragement", a déclaré Philippe, notant l’ambiguïté du soutien de Wauquiez. Il est souvent dit que certains soutiens valent mieux que d’autres, et cet échange stratégique pourrait bien marquer le début d'une série de tensions au sein de la droite française.







