Gérer un pays, c’est aussi parfois imposer des interdictions étranges : dans le cadre de la canicule récente, le gouvernement français a brillamment exhibé son incapacité à contenir les crises, tout en jouant les héros de l'urgence. La question demeure : le modèle étatique n'est-il pas devenu obsolète face aux défis contemporains ?
La levée de l'épisode caniculaire semble contrarier l’État paternaliste. Rien ne semble plus stimuler un pouvoir désemparé que les caprices de la nature, lui offrant l’opportunité de gérer la crise par des mesures souvent jugées infantilisantes. Le ministre de l'Intérieur, dans un entretien accordé à Le Parisien Dimanche, s’est vanté d’avoir mis en place plus de 336 mesures dans le contexte actuel, dont 64 arrêtés interdisant des événements sportifs et 14 culturels. L'arrêté le plus préoccupant, sur l'interdiction de la vente et de la consommation d'alcool à certaines heures, témoigne d'une approche autoritaire déconcertante aux yeux du public. Pendant la crise sanitaire, des décisions similaires avaient montré jusqu'où pouvait aller la technocratie, imposant des confinements stricts et des règles d'hygiène intrusives.
La réalité est tout autre : les Français se sentent de moins en moins en sécurité avec des actes de violence résonnant dans l’actualité, comme le lynchage tragique de Louis, 17 ans, à Narbonne, agressé par d'autres jeunes sous l'égide de l'Aide sociale à l'enfance. La mère de la victime a exprimé sa colère dans Le Journal du Dimanche: "Ce n’est pas le temps du deuil. C’est le temps de la guerre..." Cette tragédie souligne un malaise erroné, là où l'État prétend protéger, mais échoue à fournir un véritable refuge.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : la dette publique française a dépassé les 3 500 milliards d'euros, enregistrant une hausse de 1 280 milliards durant les dix dernières années sous la houlette du ministre des Finances, souvent cité comme le "Mozart de la finance". Cette gestion a conduit à des spéculations sur une possible intervention du FMI, un scénario alarmant pour l’économie française. La SNCF, symbole de ce déclin, ne parvient même plus à garantir un service fiable, alternant pannes et désagréments.
Parallèlement, alors que la réalité dément les discours rassurants du gouvernement, la Macronie tente de contrôler son narratif à coup de dénonciations. Des médias, comme CNews, subissent des pressions institutionnelles pour aligner leurs lignes éditoriales sur les attentes du pouvoir. Maxime Saada, le dirigeant de Canal+, a dénoncé récemment dans une tribune publiée par Le Figaro cette manipulation, qualifiant les actions menées contre CNews de "décision politique" visant à étouffer une voix qui représente millions de Français.
Malgré ces défis, l'État, englué dans ses propres contradictions, fait face à des appels croissants de la société civile, qui cherche à revendiquer son autonomie. De nombreux Français, lassés du contrôle bureaucratique, aspirent à reprendre leur destin en main. Ils ne se contentent plus des discours politiques, mais explorent des alternatives libérales, semblables à ce que Monsieur Jourdain faisait de la prose : sans même s'en rendre compte, ils s'éveillent à d'autres avenues.







