Le parlementaire socialiste Arthur Delaporte a officiellement demandé au ministre de l’Intérieur d'intervenir pour interdire les événements organisés par Le Canon français. Cette initiative a déclenché une onde de choc dans le paysage politique français.
Dans un courrier, rapporté par LCP, Delaporte exprime sa préoccupation après un reportage de France Inter qui a fait état de « propos racistes et des comportements inappropriés » lors d’un banquet à Caen. Ce dernier a conduit le parquet à ouvrir une enquête. L’organisation, qui propose depuis quatre ans des repas valorisant la gastronomie française, conteste toute implication directe dans les comportements signalés, arguant que ceux-ci se seraient produits en dehors du cadre des repas.
Selon Delaporte, ces événements « ont pu attirer des personnes peu recommandables ». Il évoque par ailleurs une « alcoolisation massive des participants », engendrant des inquiétudes quant à la sécurité publique. Sa proposition a rapidement provoqué une multitude de réactions. L’eurodéputée de Reconquête, Sarah Knafo, a dénoncé ce qu’elle considère comme une volonté liberticide, rappelant des événements historiques similaires : « En 1830, Charles X suspend la liberté de la presse et censure les journaux. Trois jours plus tard, il est renversé. En 1848, Louis-Philippe interdit les banquets républicains. Trois jours plus tard, il est renversé. »
Une attaque contre la liberté d'expression
Knafo estime que rien n’a changé dans les attitudes politiques : « En 2026, la gauche veut tout interdire : presse, réseaux sociaux et banquets patriotes. Certains ne retiennent jamais les leçons de l’Histoire. »
Le Rassemblement national a également critiqué cette demande, qualifiant l’initiative de « cabal grotesque de la gauche contre ces fêtes populaires ». Même certains députés de gauche, à l’instar d’Aurélien Taché de LFI, trouvent cette approche excessive, la qualifiant de « démagogie de petit bobo » et insistant sur la nécessité de défendre la culture en milieu rural plutôt que de réprimer des manifestations festives.
Répondant aux préoccupations soulevées par ces événements, le ministre de l’Intérieur a précisé que, pour le moment, les préfets ne pouvaient pas interdire de tels rassemblements sans preuve d'un trouble avéré à l'ordre public, mais il a assuré que toutes les alertes seraient examinées avec sérieux.







