Emmanuel Macron a exprimé son souhait de "restaurer un dialogue efficace" entre la France et l’Algérie, comme l’a rapporté l’Élysée. Au cœur de cette démarche se trouve une attention particulière portée au journaliste Christophe Gleizes, emprisonné en Algérie depuis près d’un an et récemment condamné à sept ans de prison.
Dans le cadre de ces efforts, la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, s’est envolée pour l’Algérie, où elle a prévu de commémorer les victimes des massacres de Sétif survenus le 8 mai 1945. Cet épisode tragique a fait entre 2 000 et 30 000 morts, selon les historiens. Rufo sera reçu par les autorités algériennes dans un climat empreint d’émotion.
Une ministre française à Alger
Alice Rufo est accompagnée par l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet. Ce dernier, rappelé à Paris en avril 2025 suite à des tensions avec Alger, va désormais reprendre ses fonctions. Cette visite fait suite à celle du ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, qui avait rencontré le président Abdelmadjid Tebboune en février, amorçant ainsi un répit dans les relations entre les deux pays.
Des brouilles à répétition entre Alger et Paris
Les relations entre la France et l’Algérie ont été mises à rude épreuve depuis l’été 2024, lorsque Paris a reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, un acte perçu par Alger comme une trahison. L’arrestation de l’écrivain Boualem Sensal en novembre 2024, condamné pour "atteinte à l’unité nationale", a encore exacerbé les tensions. Bien qu'il ait été gracié en novembre 2025, les relations restent tendues.
D'autres incidents ont également influencé cette dynamique, tels que l’attaque au couteau à Mulhouse en 2025, où un Algérien avait été impliqué, et la détention de plusieurs influenceurs franco-algériens en France pour provocation à la haine.
En février dernier, un employé du consulat algérien a été arrêté en France, ce qui a conduit Alger à expulser douze diplomates français, aggravant encore plus les relations diplomatiques.
Les cas récents de Christophe Gleizes, toujours incarcéré, et la disparition d’une jeune femme dans la région nantaise, ajoutent une couche supplémentaire à cette crise. La détention de son compagnon, qui a fui vers l’Algérie avec leur enfant, suscite également l'inquiétude.
Une crise diplomatique très grave
L'historien Benjamin Stora souligne que "le sentiment anti-français est très fort en Algérie", une situation délicate pour le président Tebboune. Il ajoute qu'en France, une partie de la droite, notamment l'extrême droite, refuse d’accepter l’histoire coloniale. "Ces tensions n’ont jamais disparu, mais cette année, elles ont atteint un seuil critique", a-t-il déclaré à France 24. Une communauté algérienne de près de trois millions de personnes en France, ainsi que leurs voix, pourraient jouer un rôle crucial dans cette dynamique.







