Face aux sécheresses récurrentes, une question se pose : pourrait-on profiter des crues des rivières pour remplir les nappes phréatiques et anticiper les périodes sèches ? L'hydrogéologue Violaine Bault apporte des éclaircissements sur ce sujet brûlant.
Il est paradoxal de constater qu'une région puisse souffrir de la sécheresse en été alors que les rivières débordent en hiver. Des communes du massif des Bornes, par exemple, sont contraintes de limiter l'approvisionnement en eau potable durant l'été, alors qu'en hiver, les rivières sont au bord de la crue. Cela soulève la question d'une gestion efficace de cette ressource : pourquoi ne pas injecter l'eau excédentaire dans les nappes phréatiques?
Des nappes à forte inertie
Selon Violaine Bault du Bureau des recherches géologiques et minières, un déséquilibre entre le niveau des rivières et des nappes phréatiques est rare. "En général, quand les rivières sont en crue, les nappes le sont aussi", explique-t-elle. Toutefois, il existe des cas où certaines nappes mettent du temps à réagir, notamment celles qualifiées de nappes à forte inertie, qui peuvent être en déficit alors que l'eau ruisselle à flots en surface.
Oui, on peut prendre l'eau des rivières et la réinjecter dans la nappe en profondeur.
Violaine Bault, hydrogéologue
Cette technique pourrait sembler idéale pour faire face aux sécheresses, mais elle nécessite une planification rigoureuse et une évaluation des impacts environnementaux. Les experts s'accordent à dire que cette solution n'est pas simple à mettre en œuvre, mais qu'elle mérite d'être explorée plus en profondeur, comme le souligne un rapport du Ministère de la Transition Écologique.







