Dans le contexte d'une tension grandissante, le président français Emmanuel Macron a récemment évoqué la possibilité pour l'Union européenne d'activer son nouvel instrument anti-coercition. Cette déclaration fait suite aux menaces de Donald Trump d'imposer des droits de douane sévères à huit pays européens si le Groenland n'était pas "intégralement vendu" aux États-Unis.
L'instrument anti-coercition, créé par l'UE en 2023 mais encore inexploré, est conçu comme un moyen de dissuasion face aux pressions commerciales exercées par des puissances extérieures. Valdis Dombrovskis, le commissaire européen au commerce, a souligné que cet outil pourrait permettre à l'UE de mieux protéger ses États membres contre la coercition économique, en réponse à des menaces directes sur les échanges ou les investissements.
Les experts jugent cet instrument essentiel pour préserver les intérêts légitimes de l'UE. Certains observateurs l'ont même qualifié d'"arme nucléaire économique". Dans une déclaration au Parlement européen, Valérie Hayer a affirmé que les États-Unis calculent mal les conséquences de leurs agissements : "L'instrument anti-coercition est notre réponse adéquate face à cette intimidation," a-t-elle mentionné.
Lors de son adoption, la question de son activation avait déjà été soulevée en réponse à des tensions entre la Lituanie et la Chine, lorsque Pékin avait bloqué les exportations lituaniennes en raison de la reconnaissance diplomatique de Taïwan par Vilnius. Les événements actuels relancent ce débat, d'autant que Trump revient à la Maison Blanche avec ses méthodes de négociation musclées.
Si l'Union européenne souhaite véritablement tirer parti de cet outil, plusieurs interrogations persistent : quelle serait la rapidité d'activation ? Quelles mesures exactes pourraient être mises en place ? Les décisions, qui doivent être approuvées par une majorité qualifiée au sein du Conseil de l'UE, nécessitent une discussion approfondie entre les États membres. En cas de divergences, l'absence d'une réponse concertée risquerait de réduire l'efficacité de cette nouvelle stratégie.
Pour conclure, alors que les menaces de Trump résonnent, l'UE doit réfléchir sérieusement à la manière de procéder. Les mots de Valérie Hayer résonnent comme un appel à l'unité : "Notre force réside dans notre capacité à agir ensemble, sinon nous risquons d’être de simples cibles des manœuvres commerciales étrangères." Les tensions promettent d’être à l'ordre du jour dans les mois à venir, et l'action du bloc européen sera scrutée de près par ses membres et par le monde entier.







