Emmanuel Abayisenga, condamné en 2020 pour avoir incendié la cathédrale de Nantes, se retrouve une nouvelle fois devant la cour d'assises de Vendée, ce lundi 19 août. Cette fois-ci, il est accusé de l'assassinat du père Olivier Maire, survenu en août 2021.
Sous contrôle judiciaire après avoir purgé une peine liée à l'incendie, Abayisenga, d'origine rwandaise, vivait chez la congrégation des missionnaires montfortains à Saint-Laurent-sur-Sèvre. Après un parcours tumultueux incluant un séjour en hôpital psychiatrique, il se présente à la gendarmerie le 9 août et avoue avoir tué le prêtre.
Une révélation sanglante
Le corps d'Olivier Maire, âgé de 61 ans, a été découvert dans des circonstances tragiques. Les résultats de l'autopsie indiquent qu'il est mort des suites de coups violents à la tête, survenus dans la nuit du 8 au 9 août. Les peu de certitudes entourant le meurtre et les explications fluctuantes d'Abayisenga concernant ses motivations alimentent l'inquiétude.
Les experts psychiatriques, dont les rapports sont cités par de nombreux médias français, notamment Le Monde, suggèrent une altération du discernement au moment des faits. Néanmoins, la préméditation a été retenue par le magistrat instructeur, entraînant Abayisenga devant les assises pour ce crime.
Les frères d'Olivier Maire se sont déclarés en position de parties civiles lors de ce procès. Leurs attentes sont claires : ils veulent des réponses sur la tragédie qui les a frappés. Dans une déclaration à l'AFP, leur avocate, Me Céline Party, exprime leur désir de voir Abayisenga reconnu coupable et sanctionné. La douleur de cette perte pèse toujours lourdement sur leur famille, résidant dans un contexte d'interrogation permanente sur le "pourquoi" d'un tel acte.
Profil complexe de l'accusé
Emmanuel Abayisenga, arrivé en France en 2012, a longuement contribué en tant que bénévole pour le diocèse de Nantes, où il était perçu comme une personne serviable, voire discrète. Malgré plusieurs demandes d'asile refusées, son parcours a toujours été marqué par des éléments troublants. En effet, il avait été victime d'une agression dans la cathédrale fin 2018, ce qui a semble-t-il laissé des traces profondes.
Les circonstances entourant sa vie sont complexes. Avant le meurtre, il avait fait part de son souhait de quitter la congrégation pour retourner en prison, un signe de mal-être qui pourrait être au cœur de son comportement. Olivier Maire, de son côté, a mené une vie dédiée à la charité, ayant été prêtre depuis 1990 et ayant exercé aux États-Unis, en Ouganda, et en Haïti. Sa perte a suscité une vive émotion, y compris au sein des institutions religieuses, le pape François ayant exprimé sa douleur lors de ses audiences publiques.
Ce procès, qui s'étendra sur quatre jours, promet d'apporter des éléments de réponse à une affaire qui continue de choquer l'opinion publique. Les attentes sont grandes, tant du côté des parties civiles que de la société, confrontée à la violence sous toutes ses formes.







