Paris (France) – Plusieurs milliers de médecins libéraux ont convergé vers Paris samedi pour exprimer leur mécontentement face à des mesures qu'ils jugent comme une « dérive autoritaire » menaçant leur liberté d'exercer. Ils ont interpellé le Premier ministre, Sébastien Lecornu, à travers des slogans tels que « on veut des soignants, pas des sanctions », illustrant leur sentiment d'angoisse face à des politiques de santé qu'ils jugent restrictives.
Elise Mercier, médecin généraliste, a confié que la fixation d'objectifs pour les arrêts de travail est l'une des mesures les plus frappantes qui l'indignent. « On veille à justifier chaque arrêt, et ces mesures viennent saper notre travail quotidien », a-t-elle déclaré. Ce ras-le-bol survient après l'adoption, par l'Assemblée nationale, d'une loi limitant la durée des arrêts de travail à un mois pour une première prescription, et à deux mois pour un renouvellement.
L'intensification de la grève, en cours du 5 au 15 janvier, s'accompagne d'une mobilisation croissante, avec de nombreux cliniques prévoyant des fermetures. Les chiffres de participation avancés par les syndicats des médecins estiment que jusqu'à 80% des praticiens se joignent à ce mouvement, souvent sous la forme d'une « grève perlée », pour éviter de pénaliser leurs patients, a noté Lamine Gharbi, président de la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP).
Les médecins dénoncent également l'autorisation donnée au directeur de l'Assurance maladie d'imposer des tarifs médicaux unilatéralement, ce qui a été décrié par Franck Devulder, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) : « Nous voulons défendre notre liberté. »
Le mécontentement croissant est également alimenté par la réduction des moyens financiers alloués aux soins, comme l'a souligné Agnès Giannotti, présidente du principal syndicat des généralistes. Elle a remarqué que, face à une hausse des besoins, les ressources diminuent, exacerbant ainsi la crise actuelle.
Les cliniques privées, qui doivent répondre à des niveaux d'activité minimaux, sont sous pression, de même que les médecins internes qui s'opposent à une réforme de leur formation qu'ils jugent mal exécutée, les contraignant à prolonger leur temps à l'hôpital. « Nous demandons un respect total des accords qui régulent notre secteur de santé », a affirmé Patricia Lefébure, présidente du syndicat FMF.
Le climat actuel reste tendu, avec l'intersyndicale ayant refusé de rencontrer la ministre de la Santé, estimant qu'elle connaît déjà les points de blocage. La situation s'annonce critique, et il est nécessaire que des solutions concrètes soient rapidement mises en place, comme souligné par les manifestants lors de cette marche historique.







