La première semaine de grève des médecins libéraux a été marquée par une mobilisation significative, témoignant du ressentiment grandissant au sein de la profession. Ce samedi, des milliers de médecins défileront à Paris pour exprimer leurs inquiétudes face à ce qu'ils perçoivent comme une « dérive autoritaire » du système de santé, comme l'indique le syndicat Jeunes Médecins.
Le mouvement de contestation, qui se prolongera jusqu'au 15 janvier, arrive à un moment critique, alors que plusieurs cliniques privées prévoient de fermer des blocs opératoires ou de réduire leurs activités dès le début de la semaine prochaine, entraînant ainsi des conséquences notables sur l'accès aux soins pour les patients.
Malgré une offre de dialogue lancée par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, l'intersyndicale a décliné ce rendez-vous, exigeant plutôt une rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu. Le docteur Jérôme Marty, président de l'Union Française pour une Médecine Libre (UFML), a souligné l'importance d'un échange direct avec le gouvernement pour aborder les enjeux cruciaux qui affectent les médecins et leurs patients.
Des avancées, mais des préoccupations persistantes
Les médecins libéraux, mobilisés depuis plusieurs mois, ont réussi à faire supprimer certaines mesures du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2026, notamment la surtaxation des honoraires supplémentaires et l'obligation d'alimenter le dossier médical personnalisé des patients. Cependant, d'autres points préoccupants subsistent.
Le texte final permet, en effet, au directeur de l'Assurance maladie de fixer unilatéralement des tarifs dans certains cas, ainsi qu'une réduction à un mois de la durée maximale d'un premier arrêt de travail. Déjà soucieux de la régulation de l'installation des médecins, les praticiens craignent que des propositions de lois actuellement discutées ne restreignent encore plus leur liberté d'exercice.
La ministre a tenté de renouer le dialogue, promettant de ne pas utiliser les possibilités de fixation unilatérale des tarifs. Cependant, les craintes demeurent, notamment face aux nouvelles dispositions visant à imposer des objectifs de réduction des prescriptions.
Cette situation ne fait qu'aggraver une crise qui pèse déjà lourdement sur les services d'urgence, déjà confrontés à une forte affluence en raison d'une épidémie de grippe. Les derniers chiffres révèlent une baisse de 19% de l'activité chez les généralistes libéraux et de 12% chez les spécialistes, comme rapporté par Le Monde.







