Ambivalence américaine : le double visage des États-Unis face à l'Ukraine et au Groenland

L'ambiguïté de la politique étrangère américaine soulève de nombreuses questions internationales.
Ambivalence américaine : le double visage des États-Unis face à l'Ukraine et au Groenland
Donald Trump s'adresse à un groupe de républicains de la Chambre des représentants réunis au John F. Kennedy Center for the Performing Arts le 6 janvier. (ALEX WONG / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Le récent accord de Paris visant à garantir la sécurité de l'Ukraine contraste fortement avec les menaces de Washington d'annexer le Groenland, illustrant ainsi une diplomatie américaine en proie à des contradictions. Alors que les représentants européens et américains parvenaient, le 6 janvier, à un consensus pour "offrir des garanties de sécurité" à l'Ukraine, la Maison Blanche affirmait son intention d'acquérir le Groenland, y compris par la force si nécessaire.

Ces deux questions interpellent : de quelle Amérique parle-t-on ? Celle représentée par Jared Kushner et Steve Witkoff à Paris, cherchant un accord concret pour soutenir l'Ukraine, ou celle qui menace, au même moment, de recourir à l'armée pour prendre le Groenland, un territoire sous souveraineté danoise et membre de l'OTAN ? Cette ambivalence plonge l'Europe dans une situation délicate, où elle doit jongler entre différentes positions diplomatiques.

Allié indispensable, mais rival menaçant

L'Europe se retrouve face à la première puissance mondiale, aux ambitions fluctuantes, ce qui la pousse à une gymnastique diplomatique inédite. Préservant son alliance avec Washington tout en affirmant sa fermeté, l'Union européenne tente de gérer une relation complexe. La timidité d'Emmanuel Macron face à l'opération américaine au Venezuela pourrait révéler une volonté de ne pas froisser Washington alors que l'avenir du soutien à l'Ukraine est en jeu.

Cette situation engendre un climat d'incertitude. Selon un article de Le Monde, l'Europe est paralysée par les changements de cap de Donald Trump, ce qui fragilise sa dépendance vis-à-vis des États-Unis. Les provocations se multiplient : Trump, dans son avion, raillait Copenhague pour avoir investi dans un nouveau chien de traîneau pour le Groenland. Pendant ce temps, son conseiller Stephen Miller dénigrait la possibilité d'une réponse militaire européenne, insistant sur le fait que "personne ne voudra se battre avec les États-Unis".

Cette menace a incité les dirigeants danois et groenlandais à demander une réunion avec le secrétaire d'État Marco Rubio. Un autre épisode révélateur survient lorsque Trump, durant un discours, imite Macron, prétendant que le président français l'aurait supplié de ne pas rendre public un accord sur les prix des médicaments. La blague fait rire son auditoire, mais pour l'Europe, la situation devient de moins en moins drôle.

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