L'Alliance atlantique s’y résigne peu à peu : si elle veut encore compter demain, elle devra devenir beaucoup plus europénne et moins améicaine. Les tensions géopolitiques croissantes obligent l'Europe à se questionner sur son autonomie stratégique. Ce sommet tant attendu pourrait marquer un tournant décisif.
Au secours, les Américains s’en vont !
On parle ici de « burden shifting », un transfert de fardeau des États-Unis vers l’Europe. Ce concept, longtemps théorique, est devenu une réalité tangible avec les dernières annonces de désengagement des troupes américaines en Europe. Pete Hegseth, membre influent des États-Unis, a même évoqué un « réexamen » de la présence militaire américaine en Europe dans un podcast récent.
Les alliés européens sont en alerte, mais force est de constater qu'ils ne sont pas encore préparés à une telle transition.
Rattraper le retard
Les États membres de l’Otan ont promis d'allouer au moins 5 % de leur PIB à leur défense d’ici 2035. Cependant, l’industrie de défense européenne demeure en deçà comparée à ses homologues américains, notamment dans des secteurs clés comme l’espace ou le ravitaillement aérien. Par exemple, l’Europe ne produit pas de missiles balistiques et reste insuffisamment équipée en missiles de croisière.
Prendre les commandes
Pour Ivo Daalder, ancien ambassadeur américain à l’Otan, le défi ne se limite pas à la simple augmentation des budgets militaires. Il s'agit de prendre le contrôle de la chaîne de commandement. Pour la première fois, les Européens ont repris la direction des trois commandements interarmées de l’Otan cette année, un pas significatif vers l’autonomie.
Braver les peurs
La possibilité d’un désengagement américain, même après l'administration Trump, commence à s’installer comme une réalité à Bruxelles. Cependant, les alliés européens demeurent divisés, certains préférant garder le silence par crainte de relancer des tensions. Camille Grand, ancien responsable de l’Otan, souligne cette angoisse face à la montée en puissance de l'Allemagne, qui aspire à renforcer la Bundeswehr en tant que force conventionnelle majeure en Europe.
Du côté américain, il est temps d'accepter cette nouvelle réalité. Pour un diplomate à l’Otan, « les États-Unis veulent que l’Europe prenne ses responsabilités, mais commencent à s’inquiéter lorsqu’ils constatent des avancées. »
Chercher le modèle
À mesure que les États-Unis se désengagent, le regard européen se tourne vers l'Ukraine, qui apparaît comme un modèle de résilience militaire. Selon Marco Rubio, les Européens prennent progressivement conscience que l’Ukraine pourrait constituer un pilier central de la sécurité européenne future.
Au sein de l’Otan, des pays comme la Finlande, qui a longtemps maintenu une posture neutre tout en développant des capacités solides, pourraient servir de modèle à d'autres États situés en première ligne. Face à ces enjeux de sécurité, l'Europe doit maintenant s'unir pour garantir sa défense future.







