À Cox's Bazar, la plus longue plage du monde, le "Club de surf des filles et des garçons du Bangladesh" devient un symbole d'espoir. Cette humble baraque, remplie de planches et de trophées, abrite des rêves qui semblent démesurés pour un pays où le cricket et le football dominent.
Mohammad Mannan, 25 ans, s'apprête à représenter son pays aux Jeux asiatiques, défi qu’il aborde avec passion et détermination. "Nous avons bien préparé cette année", confie-t-il. "Les vagues japonaises ressemblent à celles d'ici, ce qui nous donne un avantage pour s’adapter." Malgré des conditions météorologiques difficiles, où pluie et vent rendent l’entraînement ardu, son enthousiasme reste intact.
Mais le chemin reste semé d'embûches. "Nous manquons de ressources", déplore-t-il. "Les meilleurs surfeurs ont accès à des équipements de qualité et disposent de la possibilité d’entraîner à l'étranger. Si nous pouvions surfer en Indonésie ou au Sri Lanka, nos résultats seraient meilleurs." Rashed Alam, le fondateur du club, reconnaît cette barrière économique. "Nous n'avons pas de sponsor pour nous soutenir dans nos entraînements à l'international." Les débuts du surf au Bangladesh remontent à 2004, inspirés par des touristes américains attirés par les paysages vers de Cox's Bazar. Rashed a vu un potentiel énorme dans ce sport et a décidé de le promouvoir dans son pays.
Un défi supplémentaire est de faire accepter le surf aux jeunes filles dans une société où la tradition et les normes culturelles peuvent être contraignantes. "C'est un vrai défi", avoue-t-il. Pourtant, certaines jeunes femmes, comme Fatima Akhter, 16 ans, continuent de briser les tabous. "Je rêve d'être reconnue dans ce sport", dit-elle. Malgré le regard désapprobateur de certains, elle persévère, soutenue par son mentor qui lui paie ses études pour qu’elle puisse consacrer du temps à sa passion.
L'Association bangladaise de surf, malgré son isolement, observe une légère prise de conscience du public envers ce sport. "Il y a un progrès", affirme Saifullah Sifat, son porte-parole. Des enfants d'horizons modestes, comme Mehedi Hasan, 10 ans, trouvent réconfort et espoir au club, surfant pour oublier leurs soucis quotidiens. "Quand je parviens à maîtriser une vague, c'est une sensation incroyable", raconte-t-il.
Rashed Alam résume parfaitement cette expérience unique : "Je souhaite aider ces jeunes à réaliser leurs rêves. Parce que parfois, les rêves se réalisent, même dans les plus petites vagues." Ainsi, au Bangladesh, le surf ne se limite pas à une simple activité sportive mais devient un puissant vecteur d'émancipation et d’espoir pour toute une génération.







