Le scrutin législatif algérien a enregistré un taux de participation provisoire historiquement bas, atteignant 20,79 %. Si confirmé, ce chiffre pourrait constituer un record pour les élections dans le pays, mettant en lumière des enjeux cruciaux pour la légitimité de la future Assemblée populaire nationale.
Karim Khelfane, président par intérim de l'Autorité nationale indépendante des élections (Anie), a déclaré jeudi que ces chiffres sont « provisoires » et pourraient « changer au fur et à mesure des vérifications ». L’abstention a clairement été l'un des enjeux majeurs du scrutin, malgré un prolongement d'une heure du vote pour encourager les électeurs à se rendre aux urnes.
Environ 25 millions d’Algériens étaient appelés à voter pour élire leurs députés après une campagne marquée par une mobilisations faible et une absence de débat significatif. Les partis politiques proches du pouvoir, comme le Front de libération nationale (FLN), devraient, sauf surprise, dominer la nouvelle Assemblée populaire nationale.
Une affluence limitée dans les bureaux de vote
Dans le centre d'Alger, les bureaux de vote sont restés quasi-déserts l'après-midi. « Nous sommes ici pour exercer notre devoir, en espérant un changement positif », a mentionné Djammel Bouakkaz, un retraité de 74 ans. Les scènes étaient semblables dans d'autres villes où les bureaux étaient également peu fréquentés.
Le scrutin s’est déroulé dans un climat de tensions, exacerbé par l’invalidation d’environ un tiers des listes, comme l’a rapporté l’agence de presse APS. Le président Abdelmadjid Tebboune a profité de l'occasion pour affirmer que les élections se déroulaient dans de bonnes conditions, tandis que le ministre de l'Intérieur, Saïd Sayoud, a appelé les citoyens à se rendre plus nombreux aux urnes.
La question de la légitimité
Avec 407 sièges à pourvoir pour un mandat de cinq ans, les résultats officiels sont attendus dans les jours suivants. Selon le quotidien L’Expression, le taux de participation est un enjeu primordial pour les partis politiques, qui cherchent à établir la légitimité de la future Assemblée. En 2021, le FLN avait enregistré un taux de participation de seulement 23 %, le plus bas de l’histoire électorale algérienne, dans un contexte de mouvements sociaux exigeant des réformes.
Depuis le Hirak en 2019, qui avait conduit à la démission de l’ex-président Bouteflika, la contestation a été largement réprimée par les autorités, qui justifiaient cette répression par la pandémie de Covid-19. Les organisations de défense des droits de l'homme critiquent cette situation, soulignant que les exigences sociales et économiques des jeunes Algériens demeurent pressantes.







