Des milliers de personnes ont défilé mardi à travers l'Afrique du Sud, répondant à un appel lancé par divers groupes demandant au gouvernement de procéder à l'expulsion des immigrés en situation irrégulière dans les plus brefs délais. Les manifestants, scandant le mot «Mahambe» (qui signifie «ils doivent partir» en langue zouloue), ont exprimé leur mécontentement sur cette question brûlante.
Ces manifestations font suite à un ultimatum proposé par un leader traditionnel zoulou, Nkosikhona Ndabandaba, qui a prévu que tous les immigrés illégaux doivent quitter le pays d'ici au 30 juin. Ce message a été largement relayé par plusieurs groupes anti-immigration, dont March and March, dirigé par Jacinta Ngobese-Zuma, une ancienne animatrice radio devenue activiste. Fondée en 2024, cette organisation s'est fait connaître pour avoir initialement filtré l'accès aux établissements de santé du KwaZulu-Natal.
Les forces de l’ordre ont interpellé près de 900 personnes lors des manifestations, parmi lesquelles de nombreux migrants. Des incidents de pillages ont également été signalés dans des métropoles comme Durban et Johannesburg, exacerbant encore plus les tensions entre les communautés locales et les immigrés.
Depuis le début de l’année, environ 25 000 ressortissants étrangers ont été renvoyés chez eux, selon le National Joint Operational and Intelligence Structure (Natjoints), qui coordonne les efforts des forces police et militaires. Des retours massifs ont été observés, notamment pour des Malawites, des Ghanéens et des Nigérians.
Les mouvements anti-immigration considèrent que ces étrangers, qui représentent environ 5,1 % de la population (soit trois millions de personnes), sont responsables de divers problèmes socio-économiques, tels que l’insécurité et le chômage, qui touche près de 30 % de la population active. Ces migrants sont principalement des travailleurs peu qualifiés, acceptant des salaires très bas, provoquant ainsi une concurrence directe sur le marché de l’emploi.
Le gouvernement a promis des mesures plus strictes, telles que le renforcement des contrôles aux frontières et des sanctions pour les employeurs ne respectant pas la législation sur l'immigration. Cependant, cela n’a pas suffi à apaiser les manifestants, qui continuent de défier les autorités et à maintenir l’échéance du 30 juin.
Entre mars et juin, le Natjoints a rapporté 103 incidents liés à des sentiments anti-immigrés, avec 195 arrestations effectuées. Un rapport d’enquête par le média AmaBhungane a mis en lumière les liens entre March and March et des membres de l’ancien gouvernement de Jacob Zuma, dont le départ en 2017 avait déjà été suivi de tensions violentes, ciblant les migrants.
Ces manifestations résonnent avec un passé tumultueux d'émeutes anti-immigrés, la plus meurtrière ayant eu lieu en 2008, avec des pertes humaines significatives et des milliers de réfugiés. March and March a clairement fait savoir qu'elle poursuivra ses actions jusqu'à l'expulsion totale des immigrés clandestins.







