Trente ans après une tragédie criminelle en Sarthe, Dany Leprince est à nouveau sur la sellette.
Le 5 septembre 1994, quatre corps sont retrouvés dans leur maison à Thorigné-sur-Dué. Les victimes incluent Christian et Brigitte Leprince, ainsi que deux de leurs filles, âgées de 7 et 10 ans. Tous ont été brutalement tués avec une feuille de boucher, le nombre de plaies est ahurissant. Seule, la petite Solène, âgée de 2 ans, a survécu à cette tragédie.
Alors que Dany Leprince, 37 ans à l’époque, fait l’objet d’accusations émanant de sa propre femme et de sa fille Célia, il reconnaît partiellement sa culpabilité, déclarant le 9 septembre : « J’ai frappé mon frère à plusieurs reprises ». Il est mis en examen pour homicides volontaires et incarcéré.
Le procureur évoque un mobile lié à une querelle d’intérêts, alimentée par la jalousie de Dany, un ouvrier endetté, face à son frère, Christian, dont l’atelier prospère. Cependant, lors d'une reconstitution le 22 septembre, Dany se rétracte. Lors de son procès en 1997, sa femme en instance de divorce témoigne avoir vu Dany devenir « fou » durant le drame. Sa fille, quant à elle, raconte : « Papa avait un objet dans la main et il tapait dans le cou de Christian ». Dany, en revanche, lui répond : « Tu mens pour protéger ta mère ».
Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité le 16 décembre 1997, il se bat avec le soutien d'un comité actif pour rétablir son nom.
Une quête de justice entamée en 2010
La Cour de révision est saisie le 1er juillet 2010, s'interrogeant sur la position de Dany Leprince le jour des crimes, elle ordonne alors sa libération temporaire. Après seize ans de détention, il retrouve la liberté, mais cela ne dure qu'un temps. En 2011, sa demande de révision est rejetée et Dany retourne en prison, malgré un appui de personnalités influentes. En 2012, il obtient finalement sa libération conditionnelle.
Dans les mois suivants, les avocats de Dany présentent de nouveaux éléments à la commission d’instruction, poussant la Cour de révision à réexaminer son cas. En juillet 2026, celle-ci rendra sa décision finale, tandis que Solène, la rescapée, a écrit une lettre dans laquelle elle exprime ses « sérieux doutes quant à la culpabilité » de son oncle. Ce retournement soulève de nouvelles interrogations et relance le débat autour de cette affaire tragique qui continue de hanter les esprits.







