Des agriculteurs, chefs d'entreprise, hôteliers et étudiants s'apprêtent à voter ce dimanche sur l'initiative "Pas de Suisse à 10 millions!" proposée par la droite radicale. Ce texte vise à restreindre l'immigration et soulève des opinions contrastées au sein de la population suisse.
Selon les sondages, le résultat du vote semble pencher légèrement en faveur du "non", mais le débat est loin d'être clos.
- Marlène Perroud, agricultrice de 34 ans (POUR)
Cette cofondatrice de Révolte agricole Suisse, qui gère une exploitation à Dompierre, dans le canton de Fribourg, met en avant la menace de l'accroissement démographique sur les terres agricoles. "Préserver nos terres cultivées est essentiel. Un pays sans paysans, c'est impensable," affirme-t-elle.
"Accueillir des nouveaux habitants entraîne inévitablement un besoin accru en infrastructures, ce qui nuit à notre environnement," ajoute-t-elle, évoquant même un collègue confronté à l'expropriation à cause de projets routiers.
"Si l'agriculture disparaît, que nous restera-t-il ?" s'interroge-t-elle en dénonçant la dépendance à des produits importés souvent de moindre qualité.
- Jaysen Lambercy, apprenti de 20 ans (CONTRE)
Originaire de Vaud, cet apprenti électricien rejette les arguments de l'UDC, notamment concernant le marché de l'emploi et le logement. "Des solutions existent pour améliorer les transports sans restreindre l'immigration," souligne-t-il.
Il conclut : "Mon entourage ne souffre pas du manque d'emploi ou de logement, et je ne vois pas comment un migrant pourrait nuire à notre situation actuelle." L'initiative lui paraît incohérente et déconnectée des réalités.
- Heinz Baumgartner, chef d'entreprise de 63 ans (POUR)
Président de Schweiter Technologies, ce dirigeant critique une politique d'immigration jugée trop laxiste. "La qualité de l'immigration est primordiale; trop de personnes arrivent en très peu de temps, et ce sont souvent celles qui ne correspondent pas aux besoins du marché," déplore-t-il.
Selon Baumgartner, les effets néfastes d'une immigration trop rapide - comme la congestion urbaine et la hausse des loyers - l'emportent sur les bénéfices possibles. Pour lui, l'accent doit être mis sur la qualité plutôt que sur la quantité.
- Martin von Moos, hôtelier de 62 ans (CONTRE)
Directeur de plusieurs hôtels de luxe autour du lac de Zurich, Martin von Moos s'inquiète de la pénurie de main-d'œuvre dans son secteur, exacerbée par le vieillissement démographique. "Depuis toujours, la main-d'œuvre étrangère a été essentielle pour notre industrie," rappelle-t-il.
Il souligne que dans son établissement, presque la moitié des employés viennent de l'étranger, indispensable pour maintenir un niveau de service de qualité. "Cette situation m'inquiète profondément," confie-t-il.







